Oleo avance péniblement entre icebergs et growlers. On fait une pause déjeuner à Square Island sur le quai de l’ancienne usine à poissons. Comme c’est le pont de la fête nationale, les maisons secondaires sont ouvertes, il y a des enfants dehors. Curieux, ils viennent poser des questions, s’intéressent à Charlie et accompagnent Guillaume en visite dans le village et la petite église pour signer le registre.
Oleo au Labrador
Oleo quitte Mary’s Harbour pour s’avancer un peu. Déçu de n’avoir rencontré personne et sans avoir réussi à compléter le plein de gasoil. On file vers St Lewis, un saut de puce. A l’arrivée, mauvaise surprise, pas de gasoil, pas de wifi, mais au contraire, des moustiques gros comme une phalange.
Nous suivre en zones isolées
Plus nous progressons au Nord, plus le wifi et le réseau téléphonique se font rares. A défaut de poster de longs articles, nous envoyons des petits messages à lire sur notre carte en ligne. Pour nous suivre dans ces zones isolées, voici le mode d’emploi.
Icebergs en vue !
Deux jours de navigation dans le brouillard sur la côte ouest de Terre-Neuve. Le troisième jour, le soleil brille pour notre traversée vers le Labrador. Le vent est bon, la mer est soyeuse, tout est réuni pour une belle journée.
Retour prévu par le Groenland
Ça se précise. Oleo est paré pour une transat retour via le cap Farvel au Groenland, pour rejoindre ensuite l’Ecosse ou l’Irlande. On est dans les temps. Le bateau est plein à raz bord de vivres, d’eau et de GO, il ne manque plus qu’une fenêtre météo favorable.
Oleo quitte les îles de la Madeleine le coeur serré. Une escale exceptionnelle, des paysages fabuleux, des gens chaleureux. Heureusement, le soleil nous accompagne pour notre traversée vers Terre-Neuve. La première journée est agréable. Le temps passe vite en jeux dans le cockpit.
Satanée météo…
Matin, midi et soir je reste collé à l’ordinateur dans l’attente de la fenêtre météo qui nous fera décoller des îles de la Madeleine. Deux jours auparavant j’étais heureux, un vent favorable était annoncé ! Aujourd’hui je déchante, nos 15-20kt établis se transforment en plus de 30kt avec 50kt dans les rafales, peut-être plus en réalité, c’est beaucoup pour une navigation de nuit
Après Halifax et toujours faute de vent, on mouille l’ancre devant Eastern Passage, à quelques milles. Petit village de pêcheurs situé en face de McNabs Island, haut lieu historique des tribues indiennes Mi’kmaq.
Le brouillard ne finira-t-il donc jamais ? Parfois, on aperçoit la mer jusqu’à 50m alentours, d’autres fois, on ne voit pas à 10m devant nous. La navigation est douloureuse. Veille permanente sur le pont, dans l’humidité glaciale. A l’intérieur du bateau, il fait entre 12 et 15° car en navigation, par mer formée, le poêle est rarement allumé.
Des informations sur l’avitaillement, il y en a plein sur internet. On trouve des listes et des listes de courses à faire, des techniques pour calculer les quantités en fonction de la composition de l’équipage, le poids de tout ce stock, la manière de le répartir dans les coffres, les moyens de conservation des produits, etc.
Marre, marre, marre ! J’ai envie de pleurer, de ramper sous la couette et d’attendre que ça passe. Mais je ne peux pas.
Oleo quitte New-York par l’East River, passe sous le pont de Brooklyn, longe Manhattan jusqu’à Harlem puis file vers le nord. Le courant nous porte à plus de 7 noeuds. Le vent souffle. Petite étape, on prend une bouée dans la jolie baie de Manhasset. Le poêle réchauffe agréablement le bateau en soirée.
New-York, New-York
New-York ! Enfin, nous y sommes. Après 4 jours de navigation pénible entre des calmes et des vents jusqu’à 40 noeuds, la statue de la Liberté et Manhattan se dessinent sous nos yeux. Que dire de l’émotion ressentie lorsqu’Oleo passe sous la flamme de la belle dame ?
Quitte Charleston en fin de matinée. Bon vent, vitesse d’Oleo entre 5 et 6 noeuds, vent arrière, peu de houle. Pas de mal de mer pour l’équipage, ça fait plaisir ! Une nuit en mer.
Avant de partir en grand voyage avec un bateau, on accumule un maximum de raccords et d’adaptateurs afin de pouvoir remplir les bouteilles de gaz prévues pour le bord. Le problème étant que d’un pays à l’autre les normes changent. Nous sommes donc partis armés de bouteilles « camping gaz » de 3kg et d’une bouteille de propane « cube » de 5kg, avec l’intention d’en acheter d’autres à St Pierre et Miquelon.