La côte Est de l’Angleterre
Entre les coups de moteur forcés et les étapes « marina » chères et obligatoires pour cause d’absence de mouillage, je dois avouer que je vois assez peu d’intérêt à naviguer sur la côte Est de l’Angleterre.
La côte Est de l’Angleterre
Entre les coups de moteur forcés et les étapes « marina » chères et obligatoires pour cause d’absence de mouillage, je dois avouer que je vois assez peu d’intérêt à naviguer sur la côte Est de l’Angleterre.
Départ de Carentan pour l’Ecosse avec une fenêtre météo correcte. Après une première journée sympa dans la baie de Seine, le courant s’inverse et Anso annonce un mal de mer.
Les voisins de ponton profitent d’une bonne météo pour sortir direction les îles Anglo-Normandes. Mais pas question de les suivre avec Oléo, les travaux ont pris trop de retard ! Nous passons donc quelques jours à Carentan avec Anso et Charlie pour cravacher.
Depuis vendredi matin, l’équipage s’agrandit. Anso et moi sommes très fiers de vous faire part de la naissance notre adorable petite mousse ! Elle s’appelle Charlie et se porte très bien.
Par souci d’économie d’énergie, j’ai d’abord opté pour un ordinateur basé sur un processeur « VIA », réputé très faible consommation, peu calorifique et adapté aux systèmes embarqués. Mais ses faibles performances rognent un peu trop sur le confort d’utilisation.
Nous partirons très certainement en flottille depuis le petit port de Carentan, direction l’Ecosse. Les vents et les courants décident en général des directions à prendre, mais il y a cependant de grandes chances que nous mettions les voiles à l’Est pour atterrir dans les Hébrides intérieures via le canal Calédonien.
On est en période d’hivernage, les voiles sont rangées et je travaille dur à Paris jusqu’à au moins fin février. On est aussi en pleine période de paiement des impôts et de factures plus ou moins justifiées de la part des organismes de gestion et d’administrations, c’est la partie désespérante du boulot qui m’amène parfois à me demander pourquoi je fournis tous ces efforts.
En attendant d’attraper mon train pour 5 heures d’immobilité entre Pau et Paris, j’en profite pour faire le plein de livres et de cadeaux tout en flânant, bien sûr, au rayon des livres nautiques. Entre la pile dédiée à l’expédition « Tara » (par ailleurs fort intéressante) et de nombreux autres ouvrages en exposition, trône le « Manuel pratique de la voile » (édition 2012) de Steve Sleight que je commence nonchalamment à parcourir avec la même arrière pensée concernant ce genre d’ouvrage : encore un nouveau « cours des glénans ».
Oléo vient de faire sa dernière sortie de l’année sous voile ce week-end avant hivernage, ce afin de donner du temps au travail et au déménagement d’ici le printemps. En attendant, c’est par la lecture que je continue de voyager autour du monde. « Le bateau qui ne voulait pas flotter » fait partie de ces bouquins que je relis pour le plaisir et que je rachète après l’avoir égaré, un bijou d’auto-dérision comme peu d’auteurs savent l’appliquer.
Dans l’aventure de Farley Mowat tout est bancal : son 4×4 surnommé « l’immortel » eu égard aux dégâts dont il est victime et qu’il inflige aux autres, la fameuse goélette construite en bois vert, qui refuse obstinément d’aller à l’Ouest et dont le moteur démarre une fois sur deux en marche arrière (quand il démarre) ; jusqu’au pays lui-même, ses usines de morues et ses irréductibles habitants.
Confortablement installé à Carentan suite à mon retour d’Irlande, il est temps de conclure mon périple par ce dernier article et de reprendre le travail. Avant toute chose j’aimerais remercier tous ceux qui ont, de près ou de loin, contribué au succès de ce voyage.
Après un séjour plus qu’agréable à Knightstone, il me faut partir seul pour un long voyage en mer jusqu’à Carentan. Le vent d’Ouest favorable se situant entre deux dépressions, je décide d’y aller vite et sans escale.
Dans les récits d’autrefois, l’accueil réservé aux navigateurs laisse rêveur. Les habitants généreux qui vous attendent à bras ouverts, vous aident à l’arrivée, vous ouvrent leurs portes et vous réservent un séjour de rêve, tout cela semble révolu. Aujourd’hui, un voilier est un voilier et même si monsieur vient de traverser un océan, il est tenu de faire la queue comme tout le monde… notre époque est celle de l’industrialisation et de l’indifférence. L’exception qui confirme la règle s’appelle Knightstone, petite ville à l’Est de l’île de Valentia, l’escale extraordinaire de mon voyage.
Après plus d’un an de navigation régulière, ma vision de ce qui est utile ou non dans un bateau commence à se faire plus objective. Voici un petit bilan « matériel » que j’ai classé en trois catégories : ce dont on se sert tout le temps, ce qui s’avère pas ou peu utile et ce qui manque aujourd’hui à Oléo.
Oléo s’éloigne de la charmante petite ville de Roundstone un matin, juste après le passage d’un coup de vent. De mon point de départ jusqu’au large de « Kilkee » (au Nord-Ouest de la rivière de Shannon) les conditions de navigation sont idéales.
Le brouillard est parti, je quitte ma bouée à Clifden pour descendre dans le Sud. A ce moment là je n’ai aucune idée de l’endroit où je vais atterir, seulement quelques options.