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Articles d'Anso Atlantique 2015 Voyages

Charleston, la belle du sud

On est en route pour Charleston, ce midi, je prépare des linguini aux asperges vertes accompagnés d’une sauce à la crème fraîche épaisse de France (UHT, retrouvée dans le fond d’un équipet), parmesan, cumin, fleur de sel de Bonavista et tour de poivre. Hier, c’était un risotto au pesto, petits-pois carottes. Franchement, ce n’est pas mauvais. Si nous n’étions pas obligés de manger ce type de nourriture tous les jours, on trouverait même ça bon. Mais voilà, on se lasse. Du coup, on fantasme sur la nourriture.

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Guillaume rêve d’une pizza, garnie de viande, dégoulinante de fromage fondu. J’opte pour une bavette grillée accompagnée d’une sauce aux échalotes avec une salade croquante aux cernaux de noix. Mais je me contenterai tout aussi bien d’un hachis parmentier, de tomates farcies ou d’un filet de haddock fumé avec des pommes de terre au beurre salé, et même, s’il n’y a rien d’autre, d’un bigmac.

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Le rafraîchissement sensible de la température de l’eau par ici est pour nous source de joie. Cela signifie que bientôt, nous pourrons au moins conserver dans les fonds du beurre et du fromage.

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Oleo avance moins vite qu’une bicyclette rouillée. On irait plus vite à la godille. 15 noeuds de vent à la météo, tu parles ! Avec ça, on est bon pour une troisième nuit en mer avant d’atteindre Charleston, Caroline du sud. Je ne sais plus comment occuper les petites, on tourne en rond.

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C’est au moment d’aborder la dernière nuit, quand on est bien fatigué, surtout notre capitaine qui veille vaillamment le soir venu, que le vent forcit d’un coup. En quelques minutes, on passe de la tranquille torpeur d’un soir d’été à la fureur des flots déchaînés. Le vent souffle en bourrasques de 30, 40 noeuds, plus ? Les vagues blanchissent, la pluie crépite, la température chute brusquement de dix degrés. Guillaume affale tout, on met en fuite. Oleo file encore à près de 5 noeuds à sec de toile. Le bateau n’arrive pas à rester dos au vent et aux vagues, on allume le moteur pour rester manoeuvrant.

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Heureusement, ça ne dure pas. Le front nuageux s’éloigne. On voit derrière nous des éclairs silencieux dans un ciel livide sous la pleine lune. Oleo continue sa route vers Charleston. On arrivera de nuit, vers 3 heures du matin pour ancrer derrière la digue et dormir un peu avant de gagner le mouillage près de la ville au matin. On y retrouve Aïdita, encore et toujours premier arrivé.

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Nos jambes nous démangent. Sitôt à l’ancre, nous partons à terre. Les nuages se dissipent suffisamment pour nous offrir de belles éclaircies. C’est ainsi que nous découvrons la ville, radieuse sous un soleil printanier. Les rues sont dégagés, ombragées par des arbres odorants. Les maisons de bois, très coloniales, rappellent l’époque des plantations avec leurs galeries courant sur le pourtours. On longe des ‘college’ avant d’arriver sur la place du marché.

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Des stands se dressent autour d’une pelouse, débordants de fruits et légumes, d’artisanat et de spécialités culinaires. C’est Le rendez-vous. Tout le monde est là. Les familles avec les poussettes, les sportifs du week-end, les étudiants aux lunettes noires d’après cuite, les vendeurs ambulants, les artistes de rue. Un guitariste joue sur une estrade. Des odeurs de barbecue, de résineux et de fruits frais embaument l’air. Les petits jouent sur l’herbe avec les chiens, l’ambiance est bon enfant.

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On fait le tour du marché. On ne résiste pas devant le stand de boulangerie qui propose des ‘baguette tradcion » à côté de miches au sésame et de ‘croissant beurre’. Plus loin, ce sont les fraises qui nous font ouvrir le portefeuille. Il est l’heure du déjeuner, nous commandons un poulet- saucisse gumbo à manger à l’ombre des arbres. Il s’avère délicieux mais un peu relevé pour Charlie. On déguste aussi des ‘beignets’ à prononcer « ben-yays » dixit l’affiche.

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Charleston est une ville réellement splendide où il fait bon vivre. De la marina, implantée près du coeur historique, on peut parcourir à pieds les ruelles pavées du ‘french quarter’ illuminées par des lanternes antiques au bec de gaz vacillant, le waterfront parc et ses fontaines, le ‘fashion district’ et ses boutiques, les rues à angle droit des quartiers résidentiels, plantées de maisons de bois ou de briques rouges. Et partout flottent la bannière étoilée et le parfum du jasmin fleuri.

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On fait aussi des haltes aux aires de jeux pour les petites, au Old Slave Mart Museum pour moi et dans les magasins de bricolage et de téléphones pour Guillaume. On arrive même à manger cette pizza tant rêvée et un burger avant de repartir vers le nord.

8 réponses sur « Charleston, la belle du sud »

Merci pour ces belles photos, ça fait toujours plaisir de vous voir. Bon on voit pas souvent Anne-So, c’est sans doute qu’elle est derrière l’appareil.
Les petites ont l’air de bien grandir, profitez bien.
Pleins de bisous de la Mayenne

Merci ! Les photos sont souvent de moi, mais Guillaume se remet plus derrière l’appareil ces derniers temps. Mais comme c’est moi qui fait le choix pour mes articles et que je ne m’aime pas forcément en photo, la sélection est drastique ! Les petites poussent très vite, Axelle n’est plus un bébé. 11 mois qu’on est parti, forcément… Bisou

Bonjour l’équipage, merci toujours et encore pour vos publications qui me font voyager. je compatis vraiment pour le vivre quelquefois pour la difficulté de communiquer en anglais et surtout avec les américains. Bravo pour l’habillage du bateau, c’est génial d’arriver à faire cela avec les moyens du bord. je vous embrasse

Bonjour Juliette, c’est vrai que c’est dommage d’avoir tant de souci pour communiquer avec les américains. On aimerait nouer plus de contacts, mais ce n’est pas facile. Heureusement, ils sont dans l’ensemble charmants et font des efforts pour nous comprendre. On y arrive mieux face à face. Biz

Des restaurants de viande au sud des E-U ça ne doit pas être trop dur à trouver. Une bonne sauce à l’échalote par contre…

Bisous

En fait, le plus difficile c’est de pouvoir aller au resto avec les filles. Soit ce n’est pas l’heure, soit il faut se dépêcher parce qu’elles sont fatiguées et énervées. Souvent on renonce car on ne profiterait pas de la nourriture avec de petites hurlant à côté de nous. On est plus tranquilles dans le bateau où elles peuvent aller jouer dans une couchette pendant qu’on mange. ça limite un peu… Bisou

Salut les Amis !
Ici Kejadenn, un peu plus au nord que vous, toujours à Boston. Quel est votre programme après Charleston ? Traversez-vous vers l’Europe cette année ou bien continuez-vous « dans les glaces » ? En tout cas quel que soit votre parcours, on vous souhaite une excellente navigation et plein de belles découvertes.
De notre côté, décollage pour la transat retour prévu dans quelques jours. Etape aux Açores aux environs du 25/30 mai.
A bientôt !
François

Salut François !
On est un peu en retard mais on continue au Nord, visite de NY et long island la semaine prochaine puis cap sur le Canada fin mai début juin. Bonne nav à vous, prenez soin de l’équipage et du bateau, donnez des nouvelles aux Açores !

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