Un bébé et un bateau : bon ménage ?

Partir deux mois en croisière autour de l’Ecosse avec un bébé d’un mois et demi : une folie ? Non ! Avec quelques aménagements, c’est un réel bonheur de profiter des premiers mois d’un tout petit sur l’eau, dans le cocon d’un bateau.

Quels sont les besoins d’un bébé pour un être un mousse heureux ? Manger, dormir, être lavé, n’avoir ni trop chaud, ni trop froid, être changé et entouré d’affection. Sur un bateau, c’est possible aussi !

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La nourriture

Au départ, c’est ce qui paraissait le plus simple, je devais allaiter notre « Poupouyou » pendant la durée du voyage. Avez-vous essayé d’allaiter avec le mal de mer dans les vagues ? Pas facile !

Imaginez qu’il fait nuit, froid et humide, vous êtes dans le cockpit, mal de mer oblige, le bébé se met à pleurer. Vous ouvrez votre ciré, retirez vos bretelles de salopette, descendez la fermeture éclair de votre polaire, soulevez le tee-shirt et le maillot de corps, dégrafez votre soutien-gorge et mettez tant bien que mal l’enfant au sein. Ensuite, vous essayez de l’y garder car chaque vague le rapproche puis l’éloigne de vous…

Quand c’est terminé, vous êtes gelée, des relents de nausée vous prennent à la gorge.

Au bout de deux semaines, nous avons introduit un biberon le soir en espérant que « Poupouyou » « fasse ses nuits ». Le biberon a été avalé sans souci, mais deux heures plus tard, le bébé était au sein…

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L’allaitement n’est toutefois pas impossible, « Poupouyou » était toujours allaitée après deux mois de mer (le temps s’était amélioré et le mal de mer avait disparu). Le nombre de biberons a seulement augmenté en vue du sevrage.

Pour ces derniers, nous avions emmené des boites de lait 1er âge ainsi que des bouteilles d’eau minérale, prévoyez de la place dans les équipets ! Le biberon se lave à l’eau douce et est ébouillanté de temps en temps. « Poupouyou » a été habituée sans difficulté à boire son lait à température ambiante ce qui simplifie nettement la préparation ! Par ailleurs, l’eau minérale et le lait pour bébé se trouve sans problème dans les épiceries ou les pharmacies des escales.

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Dormir

Pas besoin de grand chose pour dormir : les premiers temps, simplement les bras de papa ou de maman…

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…et puis ensuite, une nacelle de poussette comme petit lit, posé dans la couchette des parents.

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ça se complique à la gîte et dans les vagues… La nacelle peut donc être accrochée de différentes manière pour assurer sa position. Elle dispose également d’une ventrale pour attacher le bébé.

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Comment réagit « Poupouyou » dans les vagues ? A dire vrai, c’est dans ces moments qu’elle dort le mieux et le plus longtemps !

Le bain

Pour le bain, nous avons embarqué une grande bassine ovale pour faire office de baignoire. Le soir, lors des escales dans les marinas, il suffit de remplir la bassine au tuyau et de faire chauffer de l’eau à la bouilloire (électrique ou au gaz, c’est selon) pour atteindre les 37° réglementaires.

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Au mouillage, il faut pomper dans les réserves d’eau douce et le bain en consomme beaucoup : 10 à 15 litres à chaque fois. Notre mousse n’a droit alors qu’à un bain tous les trois jours environ. L’eau chauffée par le moteur est particulièrement appréciée pour économiser la bouteille de gaz.

L’autre difficulté du bain réside dans la température du bateau. En effet, bébé craint le froid au sortir de l’eau chaude. Les jours de froid (ce qui arrive en Ecosse), il faut donc allumer le poêle à gasoil avant le bain.

Le froid et le chaud

La température pendant la croisière a souvent été fraîche, environ 14-15° dehors et, la nuit, jusqu’à 12° dans le bateau. Notre mousse résiste bien : avec un bonnet sur la tête et une combinaison intégrale par dessus son pyjama pour l’extérieur, le vent frais sur le visage ne lui pose pas de problème.

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En balade, contre papa ou maman dans le porte-bébé, pas de souci.

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A l’intérieur, « Poupouyou » a régulièrement gardé son bonnet, des chaussettes, une turbulette et la nuit une couverture polaire. La petite combinaison a parfois été utile aussi dans le bateau… Le poêle à gasoil installé au début du voyage est très apprécié au mouillage lorsque les soirées sont fraîches. On aimerait pouvoir l’utiliser aussi en navigation de temps en temps !

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Heureusement, le temps n’a pas toujours été aussi froid ! Vers la fin du voyage, il faisait 24° dans le bateau et la question s’inverse : que faire quand il fait chaud ? Ce n’était pas la canicule et, à l’intérieur, « Poupouyou » s’habillait légèrement. C’est différent pour l’extérieur où le soleil tape trop. Peu d’ombre dans le cockpit et la réverbération du soleil sur l’eau éblouit. Il faut donc bricoler des tauds de soleil avec une bâche ou une couverture et bien abriter « Poupouyou » sous un chapeau.

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En navigation, ce n’est pas toujours facile de lui faire prendre l’air !

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Le froid a semble-t-il des effets sur les nuit de « Poupouyou ». Jusqu’à près de 3 mois, elle a réclamé deux têtées par nuit. Avec le réchauffement, il ne lui en fallait plus qu’une vers 4h du matin. Cela dit, c’était peut être l’effet de son « grand âge » !

Les couches

Un bébé, c’est aussi des couches à n’en plus finir ! Des couches propres, mais aussi des couches sales à stocker en attendant le prochain port.

Au départ, nous avions prévu d’utiliser surtout des couches lavables (flip) qui sont constituées d’une culotte imperméable et d’un insert en tissu absorbant les liquides. La culotte se réutilise plusieurs fois avant d’être lavée, il faut donc en avoir 6 ou 7 tandis qu’il faut une vingtaine d’inserts pour le roulement dans des conditions normales.

Malheureusement, l’essai n’a pas été très concluant. En effet, les couches lavables, comme leur nom l’indique, doivent être lavées. En mer du nord, lorsqu’il y a des vagues, que vous avez le mal de mer et qu’il pleut, difficile de laver et faire sécher les couches ! Ensuite, d’autres obstacles se sont présentés : les selles d’un bébé allaité sont très liquides, les culottes imperméables étaient souvent tâchées plus qu’à leur tour et leur nombre n’était pas suffisant. De plus, ces couches sont plus épaisses que les jetables et doivent être utilisées avec des habits une taille plus grande. Enfin, « Poupouyou » faisant une grande consommation de bodys en début de voyage, notre réserve d’eau n’aurait pas suffit pour la lessive des habits ainsi que celle des couches.

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Dans d’autres conditions (pays chaud, eau douce facile d’accès, temps de navigation restreint…), les couches lavables doivent être un bon investissement.

Nous avons donc utilisé notre réserve de couches jetables avant d’en acheter de nouvelles au fur et à mesure du voyage.

Pour les couches sales, nous avons utilisé les sacs à couches parfumés qui nous ont évité bien des odeurs désagréables ! Le stock augmentant à une vitesse considérable, il faut prévoir de débarquer les poubelles au minimum une fois par semaine.

A défaut d’une table à langer sur cardan, nous avons utilisé la table du carré avec des alèses jetables très pratiques pour parer aux fuites. L’exercice est parfois compliqué lorsque le bateau gîte et qu’il faut d’une main tenir le pied de « Poupouyou » pour l’empêcher de glisser, de l’autre la nettoyer, attraper la couche qui s’enfuit et le tube de crème qui se barre…

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Attention et distraction

Pour ce qui est de l’attention, embarquer pendant deux mois à trois dans l’espace restreint d’un bateau est le meilleur moyen d’en avoir beaucoup ! Parfois trop, lorsque les pleurs de bébé ne peuvent être isolés dans une pièce insonorisée (nous avons bien pensé au compartiment moteur, mais nous avons abandonné l’idée…).

Nous n’avions pas prévu beaucoup de jouets, notre mousse au moment de partir n’était pas intéressée par eux. Nous avions cependant emmené des doudoux qui n’ont pas encore eu le succès qu’ils méritent. En cours de route, nous avons donc investit dans un mobile coloré qui a succédé au mobile improvisé avec des pinces à linge.

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De la même manière, nous n’avons pas emmené de transat ce qui nous a manqué un peu vers la fin du voyage.

En conclusion, la vie d’un bébé sur un bateau n’est pas plus difficile que celle de son homologue terrien. Pas plus qu’elle ne l’est pour ses parents. Il y a les même moments de fatigue lorsque les pleurs ne cessent pas après une longue journée (ou une nuit) de navigation comme après une journée de travail. Les mêmes moments de bonheur lors du premier rire et de toutes les premières fois. Les mêmes interrogations devant des réactions inattendues.

La seule difficulté qui se présente en équipage réduit, c’est lorsque des manœuvres délicates requièrent les deux parents alors que « Poupouyou » réclame sa part d’attention. En règle générale, cela ne prend que quelques minutes ou dizaines de minutes, mais dans les escaliers d’écluses du canal calédonien, cela peut prendre un peu plus de temps !

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6 réflexions au sujet de « Un bébé et un bateau : bon ménage ? »

  1. Marie-Anne

    Merci pour le partage de cette expérience! Très instructif et rassurant pour la future maman qui a bien hâte de reprendre le large à l’arrivée de bébé!

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  2. Cécile

    Bravo pour cette aventure !
    Naviguer avec des enfants, c’est vraiment du bonheur.
    Je trouve que le plus dur c’est d’embarquer des petits bouts qui galopent ! Contrairement à ce qu’on croit avec un petit bébé, c’est facile de voyager. Enfin ,c’est ce que j’ai ressenti !
    Bon vent à vous !

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  3. Guillaume

    Merci pour ces commentaires encourageants. Charlie a grandit et sa petite sœur Axelle a vu le jour le 16 janvier dernier. Patience, on encourage maman a donner des infos sur la vie à bord de nos deux petites merveilles. A très bientôt !

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  4. Granjon

    Bonjour sa me rassure de voir qu’on peut être sur un bateau avec un bebe car nous avons le projet de vivre sur un voilier au port et de partir de temps en temps en vacances . Et le bébé va bientôt arriver donc il va vivre c’est premier jour sur le bateau. J’aurai aimer avoir des conseilles, qu’es qui est important à avoir comparer à d’autre merci davange de votre reponse

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    1. Guillaume

      Bonjour. Vous avez déjà pas mal de réponses sur ce blog. Si vous vivez au port plusieurs mois avec un bébé, sachez que vous aurez peut-être besoin de plus de place qu’en navigation, surtout si vous avez une vie « terrienne » avec un travail quotidien, etc. A votre écoute si vous avez des questions précises sur ce sujet et merci pour votre passage sur notre blog.

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