Eleuthera, dernière étape aux Bahamas

Guillaume me fait la leçon pour que mes articles aient des titres plus explicites. Il paraît que ça améliore le référencement. Peut-être. Personnellement, je trouve que ça manque de charme. Je fais tout de même un essai, après « Les Exumas pas à pas », voici « Eleuthera, dernière étape aux Bahamas ». N’hésitez pas à écrire une pétition au capitaine pour revenir aux titres qu’il juge phatiques, sinon je serai vexée.

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NB : « phatique » est un mot que je viens de découvrir, eh oui, on en apprend tout le temps. Je me fais une joie d’arriver à le caser, avec à propos je l’espère. Si ce n’est pas le cas, je vous en prie, éclairez-moi. Quant à la définition, je vous renvoie au dictionnaire. Vous aussi, vous pouvez apprendre, si besoin est.

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Reprenons le cours de l’histoire. Pour rallier Eleuthera, nous traversons Exuma Sound et ses fonds de plus de 1700 mètres de profondeur, un vrai contraste avec Great Bahama Bank où on navigue, en général, dans moins de 5 mètres d’eau limpide. La conséquence directe et très désagréable est le retour du mal de mer…

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Pendant que je comate, allongée dans le carré ou respirant fébrilement l’air du large dans le cockpit, Guillaume veille au grain. Erreur 404, comme il dit, maman n’est pas disponible, redirection 301 vers papa (humour d’informaticien). Il s’occupe de la navigation, des petites, déroule même une ligne de traîne et attrape une belle dorade coryphène de 1,10m.

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Dès qu’Oleo entre dans les hauts-fonds d’Eleuthera, je reprends des couleurs. Mon estomac se stabilise suffisamment pour préparer le repas, un festin de poisson. Comme il nous en reste beaucoup sur les bras, les filles auront droit à une deuxième tournée au goûter et la fin nourrira les requins à défaut de pouvoir terminer au réfrigérateur.

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A Rock Sound, on trouve l’essentiel : un petit supermarché, un liquor store, des jeux pour enfants. On retrouve même Aïdita qui nous y rejoint. On flâne à Ocean Hole, une curiosité naturelle, un grand bassin circulaire de 183 mètres de fond relié à l’océan sans que l’on sache comment. Charlie s’amuse à faire pousser des graines dans un verre et s’extasie devant les jeunes pousses.

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Aïdita vient goûter des pancakes sur Oleo. On va prendre un petit-déjeuner complet chez Sammy’s place. Un après-midi, la pluie tombe si drue qu’on remplit nos réservoirs, nos bouteilles et nos seaux. En prime, on s’octroie le privilège d’une douche ushuaïa, dehors dans l’air tiède, et une lessive à l’eau courante, douce s’il vous plaît !

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Après le déjeuner, il y a un moment sacré, la sieste. Les deux petites dorment dans leur couchette. Pendant deux heures, aucun cris, aucun rire, aucun pleur, aucune sollicitation, aucun câlin, aucun pipi, aucune couche, aucun jeu. On fait tout pour que cet instant précieux dure le plus longtemps possible. Dans le bateau, on chuchote, chaque geste est mesuré, on vit au ralenti. Je lis, j’écris, je trie, sélectionne et retouche des photos. Guillaume fait un peu de vidéo, améliore ses programmes, bouquine. De temps en temps, on pique une tête près du bateau, parfois on fait un somme. Quand deux petites têtes apparaissent au bout de la couchette, la vie reprend son cours.

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Ensuite, Oleo pique au nord, vers Governors Harbour. Il y a 20 à 25 noeuds de vent établi, des rafales à 30. La navigation n’est pas agréable quand le bateau plante le nez dans les vagues. J’en suis malade, Charlie aussi. On décide de s’arrêter pour manger. Deux heures plus tard, on repart, la mer est plus confortable, Oleo file à 5,5 noeuds jusqu’au mouillage.

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A l’arrivée, Aïdita nous a devancé. On va prendre l’apéro chez eux. On goûte le pain maison de Marlène, délicieusement moelleux. A notre départ, il ne reste pas grand chose de la miche généreuse qu’elle venait de faire cuire ! Le vent a fraîchit, on a sorti des petits pulls.

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Le matin, nous allons à terre faire, par excès de conscience, la clearance de sortie. Les formalités sont expédiées en quelques minutes. Comme on ne nous donne aucun document prouvant l’accomplissement desdites démarches, il ne semble pas nécessaire de les faire. Espérons qu’aux Etats-Unis nous n’aurons pas à produire un formulaire tamponné des Bahamas…

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La navigation vers Alice Town à Hatchet Point se déroule comme un rêve. Oleo glisse sur l’eau claire, au portant, les voiles en ciseaux, à près de 5 noeuds. Je peux même travailler dans le bateau tant l’allure est confortable. Le mouillage est une bulle d’eau dans les terres à laquelle on accède par un étroit passage sur la côte. Il paraît que c’est le meilleur trou à cyclone des Bahamas. Aïdita est encore arrivé avant nous, ils prennent de mauvaises habitudes !

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Après la sieste des petites, on sort l’annexe pour un tour à terre. Le village est charmant. Un peu délabré, mais fleuri et coloré. Ici, pour quelques centaines d’âmes, au plus, on compte pas moins de trois églises et une quatrième en construction. Chaque hameau en entretient plusieurs, pour représenter toutes les nuances du christianisme. Les Bahaméens sont baptistes, anglicans, catholiques, pentecôtistes, adeptes de l’Eglise de Dieu, méthodistes. Le pays se targue de posséder le plus grand nombre d’églises par habitant au monde.

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Guillaume bricole un « foil » pour le hors-bord de l’annexe, il rêve de déjauger, voler sur l’eau. Le premier essai n’est pas concluant, mais au second, la proue se lève et l’annexe prend de la vitesse. Notre capitaine s’amuse comme un fou et embarque les petites pour une folle virée.

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On s’occupe aussi du bateau. Pendant que Charlie joue sur Aïdita, on rince le circuit d’eau de mer du moteur au vinaigre, on nettoie, astique, range en prévision de notre arrivée aux Etats-Unis. Guillaume ressoude une pièce du convertisseur 220V qui fait des siennes et on surveille la météo en espérant une fenêtre pour atteindre la côte américaine. Le vent n’est pas encore pour nous.

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En attendant, Aïdita vient dîner sur Oleo. Les grandes, Cécile et Charlie, jouent tranquillement dans le bateau et regardent des dessins animés pendant que les petits, Armel et Axelle, font des allers-retours entre le cockpit et l’intérieur. Les parents prennent un verre à l’extérieur avant le repas. Sur la table à carte, les disques durs s’échangent des films pour les soirées à venir.

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Un matin à l’aube, Aïdita poursuit sa route vers Nassau. Oleo reste encore une journée à Alice Town avant de rallier le mouillage de Glass Window, qu’on appelle aussi Cow and Bull. A cet endroit, l’île est si étroite qu’on voit d’un côté les eaux agitées de l’océan, de l’autre la paisible mer intérieure d’Eleuthera.

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Enfin, Oleo s’en va vers les Etats-Unis. Il y a du vent, près de 20 noeuds, mais nous risquons de ne plus en avoir du tout en arrivant. J’ai mis un patch contre le mal de mer et Charlie prend un peu de cocculine.

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En prévision de plusieurs jours de navigation agitée, je prépare à manger. Dans une casserole d’eau froide, je jette 2 poignées de lentilles, 4 oeufs. Quand l’eau bout, j’ajoute du riz. Ce mélange riz-lentilles-oeufs durs sert de base pour les salades. Je prépare aussi des pâtes qu’on pourra faire sauter avec des légumes et un mélange de pommes de terre et de patates douces pour des salades ou des poêlées. Ces aliments stockés brûlants dans des tupperwares bien étanches peuvent se conserver un minimum de 24h même par 25°. En refroidissant, ils seront presque sous vide.

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On a tous hâte d’arriver sur la côte américaine ! Mais il y a environ trois jours de navigation, patience.

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