Traversée Islande-Féroé

Oleo s’élance des îles Vestmann vers les Féroé. Les deux premiers jours de navigation se font partie au moteur, partie à la voile par vent faible et petite mer. Tout va bien. Le troisième jour, cependant, le vent forcit. Nous renouons avec le pré serré dans une mer formée.

Oleo gîte. Le franc-bord embrasse l’eau bouillonnante d’écume. La vie à l’intérieur du bateau se complique. Chaque geste de la vie quotidienne devient difficile. Les petites restent en pyjama toute la journée, les parents habillés nuit et jour pour parer à toute éventualité.

Nous trouvons de nouvelles occupations. Charlie et Axelle invente des concours de toboggan en glissant sur le sol, de la cuisine à la table à carte. Elles ne descendent pas très vite, mais on sent qu’Oleo est bien penché. A d’autres moments, nous nous allongeons tous les quatre à l’avant sous le hublot et nous attendons de voir les vagues submerger le pont. Chaque fois que l’eau balaie la vitre au-dessus de nous, les filles hurlent d’excitation. Pour un peu, on se croirait dans un sous-marin.

Au matin du quatrième jour, nous avons hâte d’arriver. Vivre à la gîte n’est pas aisé. Avec un peu de chance, de vent et de moteur, nous devrions être aux Féroé à la tombée du jour. Nous envions les voiliers plus rapides. Des 4 bateaux ayant quitté les îles Vestmann ensemble, nous arriverons certainement un à deux jours après tous les autres. La carène d’Oleo est bien sale, le moteur défaillant et, comme souvent, nos 33 pieds de long font pâle figure à côté de nos voisins.

Les courants, importants dans cette région, freinent Oleo. Nous voyons les îles à l’horizon depuis des heures sans les atteindre. Un vrai supplice de Tantale. La nuit nous rattrape tandis qu’Oleo avance lentement.

Vers minuit, l’ambiance est à la Hitchcock. Devant nous les falaises les plus hautes aux arrêtes acérées. Au milieu, comme une faille d’où émerge une lune dorée entre deux nuages d’encre. Des silhouettes d’oiseaux fantomatiques traversent l’éclat de nos phares. Et ce silence à peine troublé par le bruissement des vagues. S’il y avait des chauves-souris, le tableau serait parfait.

Nous avançons prudemment dans la nuit noire vers ce mouillage que nous ne connaissons pas. Il n’est pas cartographié dans notre documentation. L’arrivée nous procure alors quelques émotions lorsqu’Oleo se glisse entre les falaises grâce au radar. Quelques instants plus tard, tout va bien, nous sommes à l’ancre et, enfin, nous pouvons aller dormir.

Télécharger au format PDF (imprimable)

6 réflexions au sujet de « Traversée Islande-Féroé »

  1. Papi

    On apprécie d’autant mieux les Ferrari qu’on a eu une Deudeuche!
    Content de vous revoir bientôt!
    Papi

    ps: en fait on garde toujours la nostalgie de notre Deudeuche… qui passait partout…

    Répondre
  2. Bruno Aizier

    Bravo encore !
    Heureux de vous savoir en sécurité aux Féroé, ou vous allez sans doute passer qq jour avant de pouvoir faire du Sud. Décompressez, et profitez bien de cette escale sauvage,
    Amitiés, Bruno & Cath

    Ps: La valeur n’est pas toujours proportionnelle à la LOA 😉

    Répondre
    1. Guillaume

      Super escale que les îles Féroés, on vous racontera. Après en avoir vite et bien profité, nous faisons route au sud direction l’Ecosse. Amitiés !

      Répondre
  3. Paul

    Well Done!!! What a crossing! What girls you have with you!!
    An amazing voyage. Hope you rest well in faroes and get fair weather for next section.
    Warmest regards
    Paul

    Répondre
    1. Guillaume

      Hi Paul, thank you! Yes Faroe is a lovely place, one more.
      And girls are fit, everything goes well, it’s great. Warm greetings a see you soon!

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *