Utile ou pas ?

Après plus d’un an de navigation régulière, ma vision de ce qui est utile ou non dans un bateau commence à se faire plus objective. Voici un petit bilan « matériel » que j’ai classé en trois catégories : ce dont on se sert tout le temps, ce qui s’avère pas ou peu utile et ce qui manque aujourd’hui à Oléo.

Les « très utile »

Le matériel que je possède et que j’utilise souvent.

Le frein de bôme

En navigation il permet d’éviter d’empanner par erreur et de ménager le vit de mulet dans la pétole. Au mouillage il maintient la bôme en place.

Le frein de bôme est un accessoire vraiment confortable et sécurisant, indispensable si on envisage un long voyage.

Tendeurs et Garcettes

Que ce soit contre le roulis ou le vent, il y a de nombreux objets à attacher sur un bateau afin d’éviter dégringolades, cliquetis et usure du matériel qui se balade.

Les tendeurs sont formidables pour maintenir le tangon en place, attacher les objets, fixer l’éolienne face au vent ou encore maintenir les voiles temporairement ferlées et roulées. J’ai opté pour des tendeurs de voiture spécialement résistants au mauvais temps, ainsi que des modèles à larges crochets qui s’adaptent à n’importe quel tube, chandelier ou main courante.

Les garcettes et les tendeurs envahissent mes filières, c’est pas beau, mais qu’est-ce que c’est pratique d’avoir sous la main tout ce qu’il faut quand on doit affaler la trinquette dans le vent !

Seaux

Les seaux sont faciles à stocker puisqu’ils s’empilent, alors pourquoi ne pas en avoir plusieurs ? Ils ont de nombreuses utilités : stockage d’eau, vaisselle, toilette, pêche, transport de tout ce qui peut tenir dedans, écopage et j’en passe.

Certains navigateurs ont même sauvé leur bateau des flammes grâce à plusieurs seaux à disposition pour éteindre l’incendie. En plus de seaux de taille classique on peut en avoir un plus petit, qui passera mieux sous l’évier et sera pratique pour faire le ménage.

Aussières

On ne cesse de les utiliser, que ce soit au port ou au mouillage. Au début je ne les protégeaient pas assez contre le ragage, ce en quoi j’avais tort. Il ne faut pas hésiter à investir dans du tuyau, des cosses et autres accessoires destinés à économiser ces précieux cordages.

Ma préférée est l’aussière « squareline » de 20mm, résistante et élastique, agréable à manipuler et remarquablement efficace pour amortir les chocs. Actuellement amarré à un ponton rouleur et venteux, j’ai remplacé mes amarres rigides par de la squarline et le résultat est édifiant : fini les a coups !

Enfin, dans une mer agitée une grande aussière (de longueur supérieure à la période des vagues) peut être mise à la traîne pour maîntenir le voilier dans la bonne direction. Cette aussière manque à Oléo mais une trois torons de 30 mètres commence déjà à freiner le bateau selon mes essais.

Les pare-bats

Les pare-bats « boule » que j’ai achetés dernièrement sont imposants mais très utiles pour la sécurité du bateau. Grâce à eux je peux m’amarrer à n’importe quel ponton en toute quiétude.

Avoir de bons pare-bats est également utile au passage des écluses. On ne sait jamais comment le vent peut dépaler le bateau dans cet espace restreint. Il ne faut pas hésiter à prendre des pare-bats assez grands pour couvrir toute la hauteur du plat-bord.

Sondeur, GPS, détecteur de radar

Le sondeur est absolument indispensable, je ne m’étendrai pas là dessus. Un bon GPS complète très bien la navigation au compas et permet d’enregistrer la route. Le détecteur de radar est parfait pour repérer les cargos et grosses embarcations, un bon rapport qualité/prix.

Les « pas ou peu utile »

J’en suis déçu ou je souhaiterais trouver une solution alternative.

Le radar

Les radars modernes sont peut-être efficaces. Mais le JRC dont j’ai hérité ne permet pas de se sentir en sécurité, il détecte uniquement les cargos de 150m de long à moins de 100m du voilier, tout en consommant une énergie folle. Inutile donc.

Le récupérateur d’eaux usées

Placé assez bas, il permet de faire en sorte que l’écoulement des eaux des éviers s’effectue dans de bonnes conditions. Il rempli son rôle, mais les effets collatéraux sont casse pied : mauvaises odeurs, nettoyage difficile, débordements quand le capteur ne fonctionne pas et fuites électriques.

J’ai tenté de m’en débarasser sans succès, l’évacuation étant trop haute. Je l’ai juste complété par un système permettant de l’activer manuellement, de le laisser en mode automatique (avec capteur de hauteur d’eau) ou éteint (sans fuite électrique).

Les « manquants »

Ils me manquent actuellement pour aller plus loin en toute sécurité.

Les panneaux solaires

Manquer d’énergie est frustrant. Aujourd’hui je n’ai que le moteur et une éolienne pour charger les batteries et même en Irlande où il y a du vent, c’est insuffisant. Il manque à Oléo de bons panneaux permettant d’alimenter l’ordinateur et le frigo en plus du reste.

La météo à bord

Avoir en permanence des données météo à jour est indispensable à la sécurité du bord. Naviguer avec des prévisions qui datent de 3 ou 4 jours est hasardeux, surtout dans des zones où les dépressions se creusent très vite.

Le système idéal n’existe pas. Certains ont l’internet par satellite (coûteux), d’autres la BLU (compliquée), d’autres encore peut-être des balises permettant de récupérer des fichiers grib. L’idéal serait cette solution, couplée à un système d’envoi de position et de petits messages.

Un ordinateur adapté

En tant qu’informaticien j’utilise beaucoup l’ordinateur en mer, que ce soit pour la navigation, le travail, les photos ou le blog. Le Dell que j’utilise s’alimente en 19,5V et nécessite un convertisseur 12V/220V gourmand. J’ai également un EEEPC Asus avec processeur AMD alimentable directement, c’est mieux, mais trop petit, assez gourmand et la batterie ne tient pas plus de 30 minutes. Bref, l’ordinateur idéal serait de petite taille mais quand même confortable, avec un bon écran, un processeur Atom et une alimentation 12V.

Et les autres…

L’annexe gigantesque et lourde d’Oléo se verrait bien remplacée par un modèle petit et léger. Je souhaite également renforcer le gréement avec des systèmes anti-ragage et de nombreuses pièces de rechange qui seraient bien utiles en cas de problème.

L’utilisation d’un guindeau électrique serait plus confortable mais pour l’instant je ne me plains pas de mon barbotin. Dans le même registre, une trinquette sur enrouleur permettrait d’éviter la manipulation de l’étai larguable mais ne simplifierais pas les virements avec le génois.

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12 réflexions au sujet de « Utile ou pas ? »

  1. Jean-François

    Salut Guillaume,

    Je suis assez d’accord avec les avis que tu donnes sur les matériels indispensables, utiles ou futiles.

    A propos de l’ordi, je n’en avais pas encore à bord, mais ça y est, la civilisation contemporaine est en train d’envahir Aqua Vitae : j’ai commencé l’installation d’une UC, une carte ATX, avec un Atom D525, un disque SSD et une alim 12 V. Je te montrerai à ton retour à Carentan si ça t’intéresse.

    Pour les panneaux solaires, j’abonde dans ton sens. Malgré une météo pas sympa, j’ai comblé toute la consommation d’énergie dont le frigo, pilote, ordi, feux de route, .. etc, sans éolienne et sans couplage du parc servitude à l’alternateur moteur. Et je te rappelle que je n’étais pas sous les tropiques cet été.

    Bon courage pour la suite, bon retour vers la Normandie,
    A bientôt,
    JF.

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    1. Guillaume Auteur de l’article

      Salut Jean-François,

      Ça m’intéresse en effet que tu me montres ton système à l’occasion. J’ai essayé un mini-itx, mais l’alim n’aime pas les alternateurs du moteur.

      Je suis à la pointe de barfleur après 4 jours de nav non-stop, je devrais être au port demain ;).

      À bientôt !

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  2. Anso

    Dans un autre registre, en ma qualité d’équipière (et de femme aussi ;-), j’aurais mentionné d’autres équipements :
    – le four omnia, indispensable pour le pain, les gâteaux et les tomates farcies ;
    – la ligne de traine qui nous permet d’avoir du poisson frais ;
    – le barbecue, un « plus » pour la convivialité.

    Au niveau des manques, je regrette :
    – l’absence de douche (même si on débrouille avec les seaux et le pulvérisateur sous pression et qu’une douche dans le bateau engendrerait d’autres désagréments) ;
    – un espace pour la conservation des fruits et légumes frais à améliorer ;
    – une capote un peu plus vaste pour nous protéger du vent et des embruns dans le cokpit.

    Mais Oléo est déjà très bien équipé et s’il y a toujours des choses à améliorer, nous n’avons manqué de rien pendant notre petite croisière estivale tous les deux !

    Anso

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  3. Guillaume Auteur de l’article

    La plupart de ces équipements introduisent la notion de confort, je suis parfaitement d’accord sur le principe : pour palier à l’inconfort de la mer, un bateau devrait être au moins aussi confortable, sinon plus, qu’une habitation terrestre.

    Le point à discuter concerne la prise en charge de ce confort qui peut engendrer des travaux, de l’usure et un entretien à assumer.

    Le four et le barbecue sont sympas et c’est vrai, la qualité culinaire de nos repas est grandement améliorée. Il faut les nettoyer après usage, ce qui est supportable donc cool.

    La douche nécessite des travaux d’installation conséquents, consomme de l’eau (chaude) et de l’énergie, peut générer de l’humidité qui attaque les boiseries et le vaigrage sauf bonne isolation. Pas d’électricité sans bons panneaux solaires et pas d’eau douce courante sans dessalinisateur. Il y a du boulot mais qui veut vraiment peut.

    L’espace doit être revisité en effet, il y a des zones qui n’ont pas servies, d’autres qui stockent du matériel inutile : ça vaut le coup de faire un bilan.

    Capote et portique amélioreraient le confort à fond, je suis pour. Difficile en revanche de trouver un bon compromis. Une capote suffisamment efficace et respectant les lignes du bateau, un portique cohérent (celui de Aqua-Vitae est de bonne facture), un système permettant d’avoir un taud entre les deux afin d’être à l’abri au mouillage. J’espère qu’après ça Oléo sera apprécié de ses visiteurs ;).

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  4. Paul

    Bonsoir,

    J’ai installé récemment un ordinateur de bord sans ventilo et avec disque SSD. La carte mère est de type Intel D2700. Elle contient un Atom, embarque une régulation du voltage qui absorbe sans risque les sursaut de l’alternateur et même le 24 Volts !
    Ma consommation d’énergie ordinateur, logiciels et écran 19″ LED rétroéclairé allumés ne dépasse pas 1,5A.
    Pour économiser l’énergie, j’éteint le frigo !

    Pour compléter votre liste des appareils utiles, l’AIS connecté à votre ordinateur de bord et OpenCPN est très efficace, ne consomme quasiment rien et aide à la prise de décision lors de la traversée des rails. Je le recommande.

    Vous indiquez que vous n’êtes pas content de votre JRC. J’ai un JRC 1000 dans les cartons qui attend d’être installé sur mon portique et je me demande si cela vaut le coup que j’aille au bout de ma démarche si cela n’en vaut pas la peine car c’est du boulot à installer qd même … Pouvez-vous m’indiquer à quel endroit vous l’avez installé sur votre bateau, le modèle que vous disposez, et l’utilisation que vous voulez en faire (Surveillance en navigation, passage des rails, atterissage ?) ?

    Au plaisir de vous lire et de vous rencontrer !

    Paul du Ponton N 🙂

    Répondre
    1. Guillaume Auteur de l’article

      Bonjour Paul,

      Ravis de lire un voisin de ponton, passez quand vous voulez sur Oléo au ponton Q. Votre configuration est intéressante en effet et concernant l’AIS je suis convaincu de son utilité, c’est dans mes prévisions. J’ai supprimé le JRC1000 car le mien ne détectais pas grand chose. Il était installé à l’arrière sur un support dédié (cf. les photos d’Oléo avant le voyage de cet été). Quand je l’ai essayé dans le rail il me détectait poussivement quelques cargos que j’avais en visu depuis un bon moment. Les bateaux de pêche et voiliers n’étaient jamais détectés. Les radars modernes par contre sont efficaces, je pense qu’il vaut mieux tabler sur l’AIS et une veille visuelle constante en attendant d’installer un radar « nouvelle génération ».

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  5. serge

    Bonjour
    je pense que votre radar JRC1000 avait un défaut soit de pose soit de réglage. Moi qui en ai un depuis une dizaine d’années quand je l’utilise (c’est vrai qu’il consomme pas mal environ 3A) mais dernièrement j’ai encore fait la démo à des amis de détecter des piquets de casiers avant de les avoir en visu et de suivre un voilier qui nous rattrappait dans la brume. Par contre une fois en traversant vers les Scilly je me suis trouvé face à face avec un voilier qui n’avait pas été détecté donc ce n’est pas d’une sécurité absolue.

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    1. Guillaume Auteur de l’article

      Au niveau réglage, je pense avoir essayé tout ce que je pouvais avec l’aide d’informations sur internet et de possesseurs de ce même radar. L’installation me semblait OK, j’arrivais à détecter les grosses structures et les bateaux dans le port. En mer, il ne m’a jamais rien détecté d’intéressant malheureusement, seule une veille visuelle constante permet de se sentir en sécurité. Maintenant, j’avoue que je n’ai pas démonté le radôme pour le nettoyer, ça aurait peut-être eu de l’influence. Avec du temps j’essaierai de persévérer avec ce radar. Merci pour ce témoignage en tout cas.

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  6. Patrick Brigant

    Bonjour Guillaume,
    j’ai vu que vous aviez installé un sondeur au bout d’une perche à l’avant du bateau pour détecter les obstacles dans les coins peu cartographiés (un peu comme un sonar).
    Pouvez vous en dire plus sur ce sondeur. Est il dirigé à l’horizontal ou avec un angle, quelle marque, à quelle distance devant permet il de détecter les obstacles, en êtes vous satisfait ?
    Merci d’avance pour les réponses
    Patrick

    Répondre
    1. Guillaume Auteur de l’article

      Bonjour Patrick. Je vous laisserai deviner la marque du sonar utilisé, il coûte pas très cher sauf en version 3D. On est relativement satisfait, il permet de détecter les obstacles à partir de 100m devant mais il est précis plutôt à 25m, avec un angle de 25° qui dépend de la sonde utilisée. Quand il y a des vagues il peut devenir inutilisable. C’est un peu comme un radar, comme il ne détecte pas tout, avoir de l’eau clair et un équipier à l’avant est souvent nécessaire, voir un opérateur dans une annexe avec une sonde à main. Naviguer dans des zones non cartographiées c’est tout un art. Bon vent et à bientôt.

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      1. Patrick Brigant

        Merci Guillaume pour cette réponse. Il s’agit donc d’un sonar, de la marque echopilot sans doute, et non comme je l’avais cru d’un sondeur utilisé comme un sonar. Pourquoi l’avez vous monté en volant sur le côté du bateau et non sous la coque ?
        Merci d’avance pour votre réponse.
        Patrick

        Répondre

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