St Malo – Capbreton sans escale (2/2)

Dans le Golfe de Gascogne

Le Raz de Sein est secoué de nombreux remous. Le moteur est allumé de manière à rester manœuvrant. Une fois dans le Golfe, le contraste est saisissant : mer d’huile, très légère brise. Pourtant, grâce aux courants ma vitesse de fond reste correcte.

Raz de Sein

Ni récif, ni courant dangereux, ni trafic dense… c’est une petite balade tranquille qui s’annonce. Plutôt que de traverser le Golfe tout droit, je décide de faire un arc de cercle au large des îles afin de téléphoner et twitter régulièrement.

Levé du soleil dans le Golfe

Rendez-vous avec les dauphins !

C’est vers Belle île que m’attend une première sensation forte. En pleine nuit, un gros poisson passe à toute vitesse côté bâbord. De toute évidence il s’agit d’une espèce que l’on ne rencontre ni dans les ports, ni à la plage. Il me tourne autour, saute hors de l’eau, fait de grands ploufs, un dauphin ! 10 minutes de ballet en solo puis c’est une déferlante de confrères qui fusent vers le bateau.

Le mouvement est d’autant plus impressionnant que ces animaux nagent à toute allure, quasi à la surface de l’eau ! 20 minutes durant, 5 ou 6 dauphins s’agitent autour du voilier. Le son des accélérations et des ploufs est saisissant dans la nuit noire. Seule la lueur des hublots me permet de distinguer ces masses évoluer autour de moi. Manque de lumière oblige, je n’ai pas de photo. Mais incontestablement, aucune d’elle ne pourrait traduire la sensation que l’on éprouve devant un tel spectacle.

Pétole et petites brises

Un vent variable m’oblige à changer régulièrement d’allure. Oléo est gréé en sloop ou en cotre. Le SPI a été largement exploité, la trinquette un peu moins. Seul le tourmentin est resté dans son sac. Bref, un vrai rodéo de voiles et beaucoup de sport pour une vitesse plutôt modeste.

Oleo avec son SPI

Orages et coups de vent

Une dépression est annoncée, elle doit traverser la France d’Ouest en Est. Les deux dernières nuits du voyage vont en faire les frais.

Arrivé en Gironde, le vent forcit en soirée. Cette nuit sera la pire du voyage. De nombreux chalutiers me tournent autour à tel point que le détecteur de radar sonne en permanence pour m’annoncer des obstacles dans toutes les directions. L’orage gronde et la foudre s’abat sans interruption autour du bateau. Je décide de couper les circuits et de me laisser dériver dans le noir. Seuls les éclairs me permettent de distinguer les obstacles qui évoluent autour du bateau. Au petit matin, plus rien ! Pas un petit bateau pendant toute la journée.

Ecume de Capbreton

Pour ma dernière nuit le vent forcit et la mer s’agite fortement. Je suis à la hauteur de Mimizan quand le soleil se couche. La coque d’Oleo affronte des vagues irrégulières et écumantes. Ma petite voilure (GV 2 ris + trinquette) me propulse à 5 ou 6 noeuds sur ce terrain accidenté. A part un gros chalutier, je ne croiserai personne cette nuit et malgré le chahut de la mer et la houle j’arrive à dormir par périodes de 45 minutes environ.

Arrivée à Capbreton

Chenal de Capbreton

Je suis en avance, trop en avance ! A cette vitesse j’arrive au port à 7h00 du matin. Je décide de faire un détour pour ralentir ma course et laisser le temps à mes parents et à mon frère, qui me rejoignent en voiture, d’arriver avant moi.

Oleo dans la houle du chenal de Capbreton

Je vire au portant direction le port et me présente face au chenal de Capbreton dans la houle. L’accueil est excellent et ma place de port idéalement située.

Port de Capbreton

Carte du trajet

Voici la carte du trajet effectué de Saint-Malo à Capbreton. Il s’agit de la trace du GPS, enregistrée avec le logiciel OpenCPN. Apparaissent en rouge les jours et en noir quelques événements et moments forts.

Trajet depuis Saint Malo

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