St Malo – Capbreton sans escale (1/2)

Ce 28 juillet au matin, nous partons faire un tour dans la baie de St Malo avec Steve et sa famille. Jolie promenade par mer calme et vent modéré. Pour ceux qui l’ont attrapé, plaisir un peu écourté par le mal de mer ! À l’avenir il faudra certainement insister sur la prévention.

Mon parcours

Vers 16h30, je débarque mes invités au port des Sablons et pars dans la foulée, en solo, pour mon périple. C’est la première fois que je voyage de nuit, je vais le faire sur plusieurs jours.

La traversée de la baie de St Brieux est un calvaire. Vent de face, je zig-zag avec l’angoisse d’arriver en retard à Bréhat car le courant me repousserait à l’Est. Un coup de moteur pour arriver à l’heure n’est pas superflu.

Brouillard de Bréhat

Au Nord de Bréhat, joli couché de soleil suivi de la nuit noire et du brouillard. J’ai l’impression d’avancer dans un énorme nuage. Les lumières des phares et le GPS me rassurent. Puis pétole accompagné d’un mauvais courant qui me dirige vers la côte… moteur, direction les sept îles !

Les sept îles, réserve naturelle d'oiseaux

C’est dans ces îles, une réserve naturelle qui héberge des oiseaux, que j’ai prévu ma première escale. Un mouillage sur fond de sable est spécifié sous le phare de l’île aux moines. Arrivé au petit matin, la découverte de ces roches acérées dans le brouillard est impressionnant. Le mouillage l’est davantage par son étroitesse et sa proximité avec de nombreux récifs… c’est trop risqué ! Je ne mouillerai finalement pas. Cap à l’Ouest.

Plateau des Triagoz

Je quitte les îles. Le brouillard devient si intense que l’on n’y voit à guère plus de 15 m. Un petit vent de face m’oblige à contourner le plateau des Triagoz et ses remous. L’ambiance serait parfaite pour tourner la scène dramatique du bateau pirate qui apparaît dans la brume !

Par manque de visibilité, les sons prennent une dimension insoupçonnée. Le moindre bateau à moteur semble tout près, même s’il est à plus de 10 miles. Un de ces bruits s’intensifie. Je me précipite sur mon moteur afin d’être manœuvrant quand j’apercevrai le bateau qui s’approche. Il sort enfin du nuage, droit sur moi, s’arrête, deux personnes sortent de la cabine d’un petit bateau et sans attendre… agitent leur canne à pêche.

Bébé oiseau, un compagnon d'une heure entre Triagoz et Batz

Ma petite brise de Nord me pousse doucement vers l’Ouest. Dans l’après-midi le brouillard s’estompe et je reçois la visite d’un compagnon. « Bébé-oiseau » est arrivé je ne sais comment dans le bateau, il se pose sur mon écran et me regarde d’un air dubitatif. Pendant une heure il se promène entre le cockpit et l’intérieur. Il ne semble ni avoir peur de moi, ni vouloir manger. Finalement Oleo n’était qu’une escale : après plusieurs tentatives « bébé-oiseau » quitte définitivement l’embarcation.

Bébé oiseau sur une écoute de génois

En début de soirée j’hésite entre continuer tout droit ou faire escale à l’Aberwrac’h. Pour cela il faudrait que j’arrive de jour. Je me décide pour l’escale et démarre le moteur pour y arriver à temps. Mais l’approche est plus longue que prévu. Je me retrouve devant un alignement Nord-Est rempli de récifs, par fort courant et visibilité réduite…

Demi-tour ! Je décide de ne pas entrer dans l’Aber de nuit. C’est mon premier coup de speed du voyage, la fatigue du soir aidant. Les appels téléphoniques à ma famille sont réconfortants. Je retourne au large et me laisse dériver à l’Ouest par le courant, direction Ouessant. Je me mets au lit et me réveille toutes les 20 minutes pour vérifier ma position.

Levé du soleil sur Molène - Finistère

Au petit matin, j’ai finalement bien récupéré. A 7h00, traversée du passage du Fromveur au Sud d’Ouessant. Le courant naissant pousse le voilier au sud, le clapot fait giter le bateau à tel point que le gréement encaisse de nombreux chocs… beaucoup trop. Mais tout s’arrange quand je vire pour prendre les vagues par l’arrière. C’est un grand zig-zag dans la mer d’Iroise que j’entame dans le but d’atteindre le Raz de Sein à la renverse de l’après-midi.

Au moment où j’écris ces lignes je me trouve à 4 miles au nord du Raz de Sein, prêt à m’éjecter dans le golfe de Gascogne. Il s’agit de mon troisième jour consécutif en mer.

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