Informatique de bord 2.0

Pour naviguer hors des sentiers battus, dans des zones denses ou difficiles d’accès, une bonne électronique de bord s’impose. GPS, cartographie, sondeurs, AIS, radar et bien d’autres instruments fournissent une foule de données utiles pour compléter la veille visuelle et les guides nautiques.

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D’un point de vue théorique, pour que le navigateur dispose d’informations exploitables, on distingue trois phases : l’acquisition, le traitement et la restitution. La première consiste à aller chercher les données via des capteurs ou dans des fichiers, la seconde à les exploiter pour en extraire les informations utiles et la troisième à afficher ces informations de manière lisible pour l’être humain.

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Par exemple, un sondeur capte des ondes radio préalablement émises et reflétées par les fonds (récupération), le signale électrique reçu par le capteur est traduit en données numériques (traitement), lesquelles sont présentées au navigateur sur un écran (restitution).

Navionics webapp

L’affichage vectoriel de Navionics est très bien, dommage que la technologie soit si fermée…

Dans une informatique de bord moderne, de nombreuses sources de données côtoient de nombreux outils de restitution faisant intervenir des traitements multiples. Mais voilà… le traitement et la restitution sont souvent conditionnés par la solution choisie et le croisement de ces informations n’est pas toujours facile, en particulier lorsque les instruments sont opaques et incompatibles entre eux.

Outil d'analyse AIS du voilier OLEO

Outil d’analyse AIS développé à bord d’OLEO

C’est ainsi qu’intervient mon jocker : PHP. Pour peu que la technologie soit maîtrisée, PHP est une puissante plateforme logicielle capable de s’adapter à n’importe quoi, sur n’importe quel système. Elle peut agir comme une véritable glue entre des outils initialement incompatibles.

Superposition de photos satellites sur l'ordinateur de bord du voilier OLEO

Certaines zones de navigation sont claires. Pratique pour analyser les fonds.

Concrètement, toutes ces données fournies par des capteurs (sondeurs, sonars, radar, etc.) ou stockées sur le serveur (cartographie numérique, images satellites, météo, etc.) sont enfin exploitables à l’infini. On peut les enregistrer, croiser les informations et les restituer de manière optimale sur un écran, créer des alarmes, etc.

L'application Active Captain, très utile aux USA

Des services tels que Active Captain ont des bases de données très utiles pour obtenir des informations sur les mouillages, marinas, dangers potentiels, tarifs du fuel, etc.

En pratique, qu’est-ce que ça donne ?

Croisons par exemple la position du GPS avec les sondes de la cartographie pour obtenir une estimation de la profondeur d’eau. La valeur obtenue peut ainsi être comparée à celle du sondeur et une alarme programmée si la différence s’avère trop importante. Nous voilà donc prévenus en cas de défaillance du sondeur ou d’erreur de cartographie.

Les Bahamas sur opencpn, voilier OLEO

L’enregistrement des traces de nombreux navires met en évidence les routes fiables

Avec un accès en écriture à la cartographie, on peut aussi reporter automatiquement les données du sondeur. Ce qui est pratique pour revenir sur nos pas dans des zones à risque ou encore mieux, sonder une zone en annexe afin de sécuriser le parcours.

Franchissement d'une passe au Bahamas par le voilier OLEO

Un petit programme de téléchargement et superposition d’images satellites sur la cartographie du bord est très utile pour le franchissement des passes et les zones peu cartographiées

Parmi les sources d’information utiles pour naviguer hors des sentiers battus, citons les images satellites, les informations météorologiques, les courants marins et tout ce qui permet d’optimiser les routes et l’état du terrain.

Analyseur AIS du voilier OLEO

L’analyseur-filtreur AIS du bord permet en un coup d’œil d’avoir plein d’informations utiles sur les bateaux alentours

Le traitement des informations AIS peut aussi s’avérer utile et ludique. Ces données peuvent être nettoyées, filtrées et dispatchées sur différents supports (ordinateurs, tablettes, etc.). Elles peuvent aussi être enregistrées et traitées de manière à détecter de potentiels amis (bateaux similaires) et retrouver des gens croisés plusieurs mois auparavant. C’est ainsi que nous avons pu lier connaissance avec de nombreux équipages lors de notre voyage.

Extranet du voilier OLEO

Petit extranet utilisé pour échanger fichiers et informations entre bateaux

Enfin, l’informatique de bord peut aussi s’étendre aux voiliers amis grâce au wifi. Avec un point d’accès suffisamment puissant et facile d’utilisation, on peut partager des fichiers et des informations. Cela nous a été utile au Groenland où nous téléchargions la météo à tour de rôle avec nos amis Canadiens pour économiser les communications par satellite.

Boucle Atlantique du voilier OLEO sur google maps

La trace d’OLEO est transformée par PHP pour être affichable sur google maps

Bref, nous revenons de grand voyage avec plein de nouveaux outils et de nombreuses idées pour optimiser l’électronique de bord.

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4 réflexions au sujet de « Informatique de bord 2.0 »

  1. Papi

    Voilà un big data maritime qui ne demande qu’â être mis à disposition des navigateurs qui ne parlent pas PHP. Serait il possible de créer un interface utilisable pas tout marin analphabète en PHP?

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    1. Guillaume Auteur de l’article

      C’est possible, c’est long, pour un public restreint. Très rares sont les zones de navigation qui nécessitent ces précautions et outils complémentaires.

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  2. Denis

    Bravo pour votre voyage et le rêve partagé. Mais aussi pour le partage des infos techniques. Grâce à vous j’ai découvert le Raspberry et l’ai utilisé cet été . L’utilisez vous toujours ? Si oui j’aimerai échanger avec vous.

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    1. Guillaume Auteur de l’article

      Bonjour Denis. Content de savoir que ces articles aient pu vous inspirer pour votre informatique de bord ! Oui j’utilise toujours le Raspberry, c’est le « serveur » du bord, qui est connecté aux instruments et distribue les informations aux autres ordinateurs. Il gère aussi les sauvegardes et peut servir d’ordinateur de secours. J’ai juste abandonné l’idée de l’utiliser pour la cartographie car il est un peu lent pour cet usage… mais au vu de son évolution je pourrais très bien revenir sur cette décision à l’avenir. N’hésitez pas à partager votre expérience.

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