Iridium, indispensable mais perfectible

Le principal objectif du téléphone satellite Iridum est de pouvoir récupérer les prévisions météo où que l’on soit. Un énorme pas en avant pour la sécurité en mer dès lors qu’on voyage loin et longtemps. Objectif atteint, puisqu’on a pu récupérer presque tous les jours les fameux fichiers « grib » qui donnent des informations sur l’état du ciel et de la mer pour les jours à venir.

Outre cette utilisation, la fonction « téléphone » est stable bien que nous ne l’utilisons pas souvent. L’échange de SMS entre téléphones Iridium fonctionne plutôt bien, mais il peut y avoir du retard à la réception, surtout lorsque les messages sont envoyés par e-mail. A de nombreuses reprises des informations sont arrivées avec plusieurs jours de retard, le record étant probablement de 5 mois (un message urgent du CROSS Griz Nez envoyé quand nous étions aux Bahamas, reçu au Groenland).

Pour finir sur les SMS, ils sont malheureusement triés n’importe comment sur l’interface du téléphone et la place mémoire qui leur est allouée s’avère minuscule, obligeant l’utilisateur à les effacer en permanence. Peut-être aurais-je du faire une mise à jour du firmware ?

Côté tarifs, le téléphone lui-même est un investissement coûteux (qu’on peut cependant trouver d’occasion), auquel il faut ajouter un abonnement au coût lui aussi conséquent comportant un nombre déterminé « d’unités », utilisables sur une période limitée de 6 mois à 2 ans en fonction de la formule choisie. Pour une connexion à internet, le décompte des unités se fait au temps passé sur le réseau et non à la quantité de données téléchargées.

Après 15 mois d’utilisation, le principal reproche que je fais à l’iridium est le suivant. Pour avoir accès à internet il faut se connecter… ce temps de connexion, qui peut durer 30 secondes à 2 minutes en fonction des conditions et qui ne permet pas encore d’utiliser internet, est facturé. En d’autres termes (plus techniques), la période de temps inutilisable située entre l’ordre de connexion et l’envoi de la passerelle et des DNS, est décomptée.

Cette politique devient vraiment pénalisante quand on doit se connecter souvent pour des délais très courts, ce qui est le cas pour maintenir des prévisions météo à jour. A cela s’ajoute l’instabilité de la connexion, une fois sur trois environ une déconnexion intempestive interrompt la récupération du fichier. Il faut recommencer toute l’opération et bien entendu ces tentatives infructueuses sont facturées.

Ajoutons à cela un débit moyen vraiment faible, de l’ordre de 0,2ko/s, qui ne permet certainement pas de transférer des photos et des vidéos. Pour cela il faut attendre une vraie connexion wifi ou cellulaire.

Compte tenu de ces aléas, le temps réellement passé sur internet à récupérer la météo et faire des envois de (tout) petits fichiers correspond en moyenne à 1/4 du temps facturé. Jusqu’ici, tous les voyageurs que nous croisons rencontrent ces problèmes. Si vous investissez dans l’Iridium, tenez-en compte, en espérant que cet outil, par ailleurs vraiment pratique, s’améliore avec le temps.

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2 réflexions au sujet de « Iridium, indispensable mais perfectible »

  1. françois

    Oui, je partage le constat et je confirme ! Un quart du temps facturé réellement effectif, c’est aussi ce que nous avons vécu. J’ajouterais que quelquefois, les « black-out » complets sans connexion possible peuvent durer quelques jours, et en mer c’est très pénalisant.

    J’ai cependant aussi constaté quelque chose: il me semble que la qualité de connexion dépend du prestataire de service. Il y a bien sûr au départ le choix du réseau (iridium, inmarsat, etc), mais là on parle d’iridium et je ne connais pas les autres. Avec Iridium, la « couche » de prestation juste en dessous du propriétaire du réseau est également déterminante et impacte la qualité du service final (on choisit donc Airbus+skyfile ou bien un autre prestataire comme Geolink qui a son propre logiciel, ou encore une carte brute iridium USA). Ensuite (et enfin), on choisit le prestataire de service qui va vous vendre la carte SIM (là on parle de Naya, Navicom, E-sat, etc…). Il me semble important de bien comprendre les enjeux de chacune de ces « couches » d’intermédiares, pour faire un bon choix. Du moins, c’est ce que j’ai compris, Guillaume je te laisse modifier si je me trompe…

    Mon constat durant les 2 transats: à l’aller (mai 2015) iridium+AIRBUS/skyfile+E-sat = cout effectif à la minute utilisée de 3.5 euros. Au retour avec iridium+AIRBUS/SKYFILE+Naya = cout effectif à la minute utilisée de 5.6 euros. Bien sûr j’ai râlé auprès de Naya. Naya m’a soutenu que le vendeur de la carte n’a aucun pouvoir sur la qualité de connexion, mais cela reste à confirmer. Ensuite, des utilisateurs de carte sim Iridium rencontrés pendant les transats et qui ne passaient pas par skyfile semblaient bien mieux lotis que moi (cout effectif de 2 euros environ). Aux USA, skyfile est inconnu, ils utilisent des softs dédiés qui semblent bien plus puissants (mais nécessitent aussi un abonnement mensuel, de 10 euros environ). De plus, le service skyfile est cher (une carte sim iridium/skyfile coute 30% de plus qu’une carte standard). En France, on achète skyfile par défaut, sans connaitre les alternatives (certes complexes pour le commun des lambdas en informatique que je suis).

    Il me semble donc que le sujet est à creuser, des alternatives existent à la fois pour augmenter la sécurité à bord (un black-out iridium en mer est très pénalisant et les essais intempestifs de connexion sont énervants), mais aussi pour réduire le cout du bazar.

    François

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  2. Guillaume Auteur de l’article

    Bonjour François. Ton commentaire est très intéressant. Je n’y connais pas grand chose aux couches intermédiaires entre Iridium et le client final. J’ai acheté une carte standard chez Navicom, volontairement sans skyfile car travaillant sous linux, ce logiciel ne m’intéressait pas. J’avais en revanche besoin d’un maximum de liberté d’action en obtenant un accès internet sans restriction, même avec un débit faible.

    Le choix du prestataire pour l’achat d’une carte sim et d’un abonnement est un casse-tête pour le client qui n’y connaît rien. Les différences techniques entre ces choix sont difficiles voir impossibles à trouver… mon choix s’est là aussi porté sur celui qui me fournissait le plus d’éléments. J’ai croisé des gens qui avaient le même système que moi, d’autres qui utilisaient des logiciels spécifiques avec un abonnement standard (weather 4d, etc.) et d’autres encore avec skyfile. Aujourd’hui je peux certifier que mes remarques sont fondées et non dues à ma configuration puisque tout le monde sans exception fait le même constat.

    Concernant les black-outs, j’en ai constaté beaucoup aussi, mais heureusement ça n’a jamais duré une journée entière. Au Groenland j’ai beaucoup bataillé, il m’a fallu 6 jours pour envoyer les positions du voilier sur la carte interactive mais je suis parvenu à avoir la météo tous les jours en demandant de petits fichiers. Il faut essayer toutes les heures jusqu’à ce que, vraisemblablement, un satellite passe au dessus de nos têtes. Notre ami canadien « Blue Hour » avait en complément un récepteur BLU pour recevoir la météo, une bonne alternative quand les data Iridium ne fonctionnent pas.

    Enfin, le débit est très faible mais constant, je n’ai pas constaté comme avec un mauvais wifi des arrêts puis des reprises. Avec un iridium open port et un abonnement beaucoup plus cher, le débit garanti est plus élevé… j’ai aussi étudié la question en me disant que ça pouvait servir pour le boulot.

    Quant au système « iridium go » dont le coût des abonnements à l’air deux fois moins élevé, certains en sont contents mais j’ai laissé tombé pour deux raisons : manque de liberté (impossible de savoir si on peut se connecter directement avec un ordinateur… mais j’avoue que je n’ai pas creusé la question depuis 2 ans) et sécurité (si tu perds ton smartphone, tu peux plus utiliser la box…). Un téléphone satellite robuste est aussi une bonne balise satellite et moyen de communication fiable en cas de problème.

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