Escale à Bangor

Notre progression vers le sud, en direction de notre chère France, n’est pas très drôle. Vent dominant de sud, rythme soutenu, vagues hachées générées par le vent défavorable contre le courant favorable. Oleo plante des pieux avec sa carène sale, on se traîne.

555-20160830_134100

Néanmoins on arrive à Bangor, en Irlande du Nord. On mouille de nuit devant la marina avant de s’y rendre le lendemain. Un peu plus d’un an auparavant nous y étions, on boucle la boucle et on en profite pour prendre un peu de repos.

555-20160830_124323

L’endroit est toujours le bon plan qu’il était. Pour un tarif honnête, on a tout ce qu’il faut, bain dans une vraie baignoire compris. Une fois n’est pas coutume, on s’accorde un petit resto. Les filles jouent, on fait quelques courses et on s’occupe un peu d’Oleo.

555-20160829_150850

Les filles doivent se rendre à Nantes via Dublin qui propose une ligne aérienne directe et économique. Mais comment se rendre à Dublin ? Un vrai casse-tête ! Entre y aller en voilier contre le vent et emprunter les transports, long trajets avec de multiples changements, difficile de trouver la solution idéale.

555-20160901_075315

Mais on en viendra à bout… en Irlande, il faut se tourner vers le réseau de bus pour trouver les bons plans. Le trajet Belfast – aéroport de Dublin dure 2 heures et le train depuis Bangor nous dépose juste devant l’arrêt. Pour leur plus grand bonheur, les filles n’auront pas à supporter le trajet jusqu’à Dublin en bateau dans une mer hachée.

555-vlcsnap-2016-09-03-16h57m34s152

Entre temps le capitaine s’active sur Oleo. Il faut absolument trouver le moyen de nettoyer cette coque. Comme alternative à l’échouement je tente ma chance dans le chantier d’en face : « pourriez-vous me sortir le bateau de l’eau, me fournir un super-karcher pour le nettoyer puis me le remettre à l’eau aujourd’hui même ? Pour pas trop cher ? »

555-vlcsnap-2016-09-03-16h59m07s180

Et bien oui c’est possible. En 2 heures Oleo est pris en main par le personnel du chantier qui s’occupe lui-même du nettoyage (j’avais pas compris ça mais tant mieux) et j’en profite pour l’amener à la pompe à gasoil pour le plein. Les milliers de petits coquillage ont disparus et les vilaines traces noires au niveau de la flottaison aussi.

555-vlcsnap-2016-09-03-16h58m09s139

Ça fait tout drôle de se retrouver sans les filles. Après plus d’un an d’effervescence, de cris, de gesticulations, de joies et de tensions d’une vie de famille ininterrompue, place au silence et à la solitude. Je n’ai plus l’habitude.

555-20160902_084951

Aujourd’hui à Holyhead, ma première traversée en solo a été rapide grâce à un courant presque tout le temps favorable passant par la zone d’étale permanente de la mer d’Irlande. Mais une mer mauvaise et un fort courant défavorable en fin de parcours m’ont un peu gâché le plaisir.

555-20160831_170557

Télécharger au format PDF (imprimable)

10 réflexions au sujet de « Escale à Bangor »

  1. Papi

    Et la photo de la coque après le nettoyage d’Oléo? et sous les courroies de levage? Mais merci pour continuer le récit malgré de départ de tes égéries.
    Bon courage et surtout bonne vigilance pour ce retour seul dans des vents et courants pas évidents!

    Répondre
  2. Eric

    Hé hé Guillaume ! Te revoilà en solo pour quelques semaines ?! J’espère que tu as pu te reposer car tu n’as plus de second pour te relayer.

    A votre retour en région parisienne, si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à appeler.

    Je te souhaite une bonne fin de voyage et bon courage à Anso pour le retour en métropole !

    Répondre
  3. Bruno Aizier

    Hé, oui Guillaume, je compatis pour les mêmes causes: venir du Nord et devoir faire du Sud avec vents et courants de pif ! Néanmoins OLEO, avec une carène aussi propre et lisse que la peau d’un bébé, a super bien performé jusqu’à Hollyhead.
    Profites de ces traversées solo, une expérience intéressante permettant de répondre à la question de SOCRATE « Connais toi toi-même ». Amuses toi dans les Ramsey et Jackson sounds, avant le souvent pénible Channel of Bristol (Cette année cp de vent nocturne de Sud , l’an dernier de SE …), pour le quel je te souhaite un bon bord direct.
    Amicalement, Bruno & Cath.

    Répondre
  4. Guillaume Auteur de l’article

    Eric, François et Bruno merci. Effectivement la carène propre change beaucoup les performances, on gagne 1 à 2 kt. Aujourd’hui je compte aller jusqu’à Milford Haven… je vois des voiliers qui se risquent jusqu’à Lands’End mais la dépression qui commence demain est sérieuse et je n’ai pas envie de prendre ce risque en naviguant seul. Les prévisions météo n’offrent pour l’instant aucune fenêtre, celle de cette fin de semaine se referme, on a un petit espoir sur début de semaine prochaine… l’attente promet malheureusement d’être longue. En attendant je m’occupe d’Oleo. A très bientôt !

    Répondre
  5. christiane Scelles et Eric Paulet

    Bonjour Guillaume,
    Puisque la dépression risque d’être longue, ta révision d’Oléo frôlera la perfection !
    Nous avons suivi votre voyage avec régularité, intérêt et plaisir : bravissimo ! avec deux « pitchounes » !
    Merci à vous et maintenant bon retour à Carentan…
    A un de ces jours peut-être dans un port ? (je vais m’installer à Roscoff dans trois mois, le voilier suivra)
    Eric se joint à moi pour te souhaiter bon vent pour ton retour
    Cordialement
    Christiane (et Eric)

    Répondre
    1. Guillaume Auteur de l’article

      Christiane (et Eric) bonjour. Vous êtes l’un des rares témoins des origines de ma progression vers ce magnifique voyage, puisque vous étiez là lors de notre premier stage de voile, niveau « débutant », en 2010, alors que je n’y connaissais rien à la mer ni aux voiliers. Je me souviens d’une Christiane volontaire surmontant ses appréhensions (j’en ai aussi et je pense que c’est utile pour se motiver à connaître la mer, afin de l’aborder dans de bonnes conditions) et d’un Eric connaissant presque par cœur l’ouvrage des Glénans. En tout cas, j’ai été ravis de vous croiser à nouveau par la suite, lors d’un second stage d’un niveau supérieur.

      Cette installation à Roscoff me fait très plaisir ! Je vous souhaite plein de beaux projets avec un joli voilier et j’aimerais vous dire qu’avec de la volonté, du temps, de la préparation et aussi de la prudence, on peut partir au Groenland naviguer entre les icebergs avec un petit voilier de 10m et deux enfants en bas âge. Tout ça c’est aussi possible grâce aux amis qu’on rencontre, qui nous offrent leur solidarité et la sécurité de leur présence.

      Roscoff est un bon choix, Oleo est passé plusieurs fois par ce port tout neuf, sécurisant et dynamique. Merci de nous avoir suivi jusqu’ici et rendez-vous au mouillage ou au ponton !

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *