L’Islande, un pays difficile à quitter

Il pleut. Il fait froid. Il y a du brouillard. Nous quittons Reykjavik avec les pires conditions météo depuis notre arrivée. J’ai mal dormi. Je n’ai pas envie de naviguer. Les petites veulent aller jouer à terre. Elles sont énervées.

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Une demi heure après le départ, la houle nous soulève déjà le coeur. Un ruisselet d’eau apparaît à la faveur d’une vague sur le plancher. L’eau vient des fonds, elle est salée. Guillaume soulève le plancher, ça clapote là dessous. On pompe.

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Dix minutes plus tard, les fonds sont de nouveau inondés. Oleo prend l’eau. On éteint le moteur. Le capitaine nous gratifie d’une belle bordée d’injures avant de plonger dans la cale. La fuite vient probablement du silencieux. Guillaume resserre le tout avant d’éponger les fonds à nouveau. Le moteur est rallumé, l’équipage retient son souffle et dix minutes plus tard tout va bien, nous ne coulerons pas aujourd’hui.

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En fin de journée, nous nous décidons pour une pause au mouillage devant le port de Sandgerdi, près de Keflavik. Oleo n’a pas beaucoup avancé, mais le coeur n’y était pas. L’endroit est paisible et la nuit confortable. Nous repartons le lendemain avec plus d’entrain.

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Après une nuit en mer, il faut se rendre à l’évidence, le vent ne nous permettra pas d’atteindre les Féroé ou l’Ecosse dans les prochains jours. Oleo s’arrête à Vestmann, un petit archipel volcanique au sud de l’Islande.

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L’endroit est magnifique. Sur l’île d’Heimaey, le volcan d’un brun rouge sombre se dresse au-dessus de la ville. Des collines abruptes tombent dans l’eau du port, entouré de falaises où nichent les puffins (macareux moines).

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L’histoire de l’île est passionnante. Une éruption en 1973 a bouleversé le paysage, manqué de détruire la ville et gagné quelques hectares sur la mer. Les sentiers dans les champs de roches volcaniques proposent aujourd’hui de jolies promenades. Charlie ramasse des graines et des plante tout au long de nos balades.

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Le soleil n’est hélas pas au rendez-vous. Néanmoins, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer d’un pays situé près du cercle polaire, il ne fait pas froid, entre 15 et 18°. Le Gulfstream passe par là. Notre frigo naturel (les fonds du bateau), a bien du mal à garder sa fraîcheur.

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Oleo est à quai près des chaluts, branché à l’électricité (le luxe) et bénéficie même d’un wifi (la plupart du temps). Pas trop loin, l’aire de jeux municipale fait le bonheur des filles et le supermarché celui de la maman. Tout serait presque parfait sans l’usine à poisson d’à côté. La ressource principale de Heimaey est la pêche et ça se sent. Les effluves nauséabondes de poissons pourris flottent dans l’air du port et envahissent Oleo à la faveur du vent.

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Nous profitons d’une éclaircie pour faire le plein de gasoil. Pour cela, Guillaume va remplir nos bidons à la station essence ce qui représentent 160 litres à transporter jusqu’au bateau. Courage ! Ensuite, il faut descendre les jerricans sur le bateau un par un avec un bout. Les bras en prennent un coup.

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Avant notre départ, je m’évade un moment pour escalader le volcan Eldfell. Il ne fait que 226m de haut, mais offre une vue panoramique sur l’île et ses environs à couper le souffle. Sur la crête, les bourrasques de vent manquent d’envoyer les promeneurs au fond du cratère. Demain, si le vent d’Islande nous le permet, nous filerons vers l’Est.

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13 réflexions au sujet de « L’Islande, un pays difficile à quitter »

  1. Bruno et Cath

    Bonjour Guillaume, Anso et les filles,
    Même si votre escale Islandaise se prolonge …, vous aurez découvert ce magnifique pays (pour nous en 2004) ou nous aimerions retourner.
    Timshell est à Brest depuis 48H, je n’ai retrouvé l’anticyclone et une température estivale qu’en traversant le English Channel !
    Vous allez bien finir par trouver la fenêtre météo ad-hoc, et nous serons heureux de vous accueillir à Brest.
    Bon courage, skipper et équipage sont valeureux 😉 , vous approchez de la fin de votre magnifique « boucle »; je vous quitte pour aller dessaler les voiles …
    Amicalement
    B & C

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    1. Guillaume

      Catherine et Bruno bonjour. Vous nous raconterez votre exploration de Skye ! Oui la boucle se boucle bientôt, Oleo fend fièrement les lames avec sa carène sale en direction du sud. On avance, on avance. A très bientôt.

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  2. Catherine P.

    Peut être un peu dégoûtés du poisson ???
    Il paraît que cette année la température estivale est particulièrement douce …en Islande
    Bon courage pour la prochaine traversée . Que les conditions météo vous soient bien favorables!
    Merci pour ces photos de ces magnifiques pointsde vue. Et du gâteau d’anniversaire !
    Gros bisous !

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    1. Guillaume

      Les usines à poisson sont peu ragoutantes mais il y a du bon poisson… il faut choisir celui qui est durable. La température estivale est particulièrement douce partout, au Groenland c’est fou ce qu’il peut y avoir comme différence avec les photos des étés précédents. Bises et à très bientôt.

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  3. Jérôme

    Bientôt la Bretagne en ligne de mire … profitez bien de votre fin de parcours notamment en Écosse un magnifique petit paradis.
    En espérant vous croiser sur Brest.
    Jérôme

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    1. Guillaume

      Bonjour Jérôme. Oui on avance et la carte sera mise à jour presque en temps réel, il sera facile de savoir quand nous arriverons. En attendant de nous croiser, bon vent et à bientôt.

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  4. Bruno

    Nous arrivons à nous connecter de temps en temps du fin fond du jura d’où le retard pour souhaiter l’anniversaire du capitaine.
    Nous vous souhaitons une traversée pas trop agitée
    Nous sommes maintenant pressés de vous voir.
    Biz à tous les quatre
    Bruno et Mizou

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    1. Guillaume

      Pressés aussi d’arriver même si nous découvrons encore des régions super belles. Les Féroé sont grandioses, elles nous font penser au Groenland avec un peu plus de verdure et moins de neige. On arrive au gré du vent. Bises

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