Eastern Passage à Chéticamp

Après Halifax et toujours faute de vent, on mouille l’ancre devant Eastern Passage, à quelques milles. Petit village de pêcheurs situé en face de McNabs Island, haut lieu historique des tribues indiennes Mi’kmaq.

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Peu après notre arrivée, Marc vient nous proposer sa bouée de mouillage. Un coup de vent se prépare pour le lendemain, on accepte avec joie sa proposition. Le village est mignon paré de ses baraques de bois coloré, ses bateaux et ses casiers empilés ça et là.

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On achète, 9$ la livre, deux beaux homards bien vivants à déguster dans la soirée, tentative de réconciliation avec les casiers. Le tout, c’est d’avoir le courage de les plonger la tête la première dans une cocotte d’eau bouillante. Guillaume s’y colle et c’est tout un sketch ! Enfin cuits, on les mangera avec un beurre à l’ail, pommes de terre et salade, un régal. Et comme les petites n’aiment pas ça, on en aura plus pour nous.

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Le lendemain, vent, pluie et brouillard. On descend tout de même à terre déambuler lentement, une glace à la main, ciré sur le dos et bottes aux pieds. J’achète des cartes postales et des timbres terriblement chers, un magnet pour la collection. Le soir, Marc et sa femme, Elsie, viennent dîner sur le bateau. On aurait bien aimé rester, mais le temps passe et le temps presse.

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On continue vers l’île de Cap Breton, toujours dans le brouillard. La houle est grosse, la nav’ désagréable. Cela faisait bien longtemps que Charlie n’avait pas été si malade en mer. Et pourtant, avec 19° dans le bateau, il ne faisait même pas froid ! La brume s’estompe suffisamment pour admirer le mouillage entre des îlots à Mushaboom. Les forêts de sapins plongent dans la mer, impénétrables.

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Petite visite de la douane. Les agents contrôlent nos papiers, plaisantent sur la météo et nous laissent partir pour 36 heures de navigation à l’aveugle jusqu’à la marina de port Hawkesbury sur l’île de Cap Breton. 3 pontons, quelques catways, une poignée de voiliers inhabités. L’accueil est malgré tout agréable. On nous informe pourtant que la marina ne sera pas officiellement ouverte avant 2 semaines. Nous devons être en avance pour la saison car nous ne croisons aucun autre voilier sur les flots…

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On se dégourdit les jambes, teste le fast-food local, réapprovisionne la cambuse en produits frais, lave tout le linge susceptible d’être lavé, profite des douches chaudes et d’internet. Guillaume trouve même un magasin de bricolage dans le coin !

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Après 2 nuits reposantes, on reprend la route de bon matin. Il y a un pont tournant et une écluse à passer avant de remonter vers le nord sur la côte ouest de Cap Breton. La journée est splendide, une fois n’est pas coutume. Sous le ciel d’azur, il fait bon, la mer est tranquille. S’il y avait un peu de vent, ce serait le bonheur absolu. Malgré tout, même avec le moteur, l’ambiance de bord est réchauffé par le soleil.

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Les collines boisées descendent sur la rive, des cascades plongent dans la mer. L’odeur du Canada est enivrante, un mélange de sel, de terre rouge, d’herbe mouillée et de sève fraîche. On arrive à Chéticamp, village acadien, dans la lueur mauve du soir. Les filles dorment déjà. Il y a un petit quai pour les voiliers. On s’y installe tranquillement.

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Le lendemain, le ciel est toujours aussi bleu, le soleil matinal tiédit le pont, 16° dans le bateau au réveil, on a chaud ! Dans le village, tout le monde se parle, français en plus. Bien sûr, il a ce petit accent, mais de ce côté de l’Atlantique, même les trains et les ambulances ont un accent. On se promène depuis une demi-heure quand une voiture s’arrête près de nous. C’est Paul, le responsable du quai du phare où on est amarré. On va faire les papiers et il nous ouvre le local douche. Serviable, il emmène en voiture Guillaume et tous nos jerricans pour faire un complément de diesel à la station service.

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Balade et jeux sous le soleil. On va déjeuner au restaurant de fruits de mer en face du bateau. Excellent. Les pâtisseries sont vraiment trop sucrées à notre goût, mais le poisson est frais et la bière à la pression.On ne sait jamais quel pourboire donner dans ces contrées, j’espère qu’on ne fait pas de mécontents…

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La pluie se met à tomber. Demain, on part pour les îles de la Madeleine plus au nord.

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4 réflexions au sujet de « Eastern Passage à Chéticamp »

  1. Papi

    Nous continuons donc notre voyage, les lecteurs. Avec en bonus les photos. Qui semblent par exemple nous dire qu’on se marre plus avec les homards dans une assiette que sous une coque… Photos qui nous montrent surtout des petchounettes toujours plus croquantes et leurs parents pas vraiment malheureux. Que demandent les grands parents ?!

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    1. Guillaume

      Ah il faut bien qu’on se fasse aux pratiques locales avec nos deux mignonnes. Elles n’aiment pas le Homard, ça en fait plus pour Papa et Maman !

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  2. Catherine P.

    Photos vraiment magnifiques ! J’aime beaucoup les vues dans le brouillard et Oléo à la bouée dans le brouillard a fier allure !
    Il n’y a pas foule à la marina de Chéticamp !
    A bientôt nous attendons la suite, et nous vous embrassons tous bien fort

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    1. Guillaume

      Tu flattes Anso car les photos prises dans le brouillard sont d’elles. A Chéticamp il n’y a pas foule, d’ailleurs depuis que nous sommes au Canada nous n’avons croisé AUCUN autre voilier en route… ça nous change des Antilles. La suite arrive bientôt !

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