Travaux : fabrication du bimini

Petit retour en arrière sur l’île de St Martin où l’ordre du jour est le suivant : fabriquer un taud qui englobe l’ensemble du cockpit afin de disposer d’une pièce supplémentaire quand il fera frais et pluvieux au mouillage. Le tout à réaliser en moins de trois jours dans le bateau, au mouillage, avec nos deux bébés à occuper en parallèle. Un vrai défi !

En plein travaux de couture

Car le cahier des charges est lourd. Il faut que notre ouvrage protège intégralement du froid, de la pluie et du soleil. Il faut qu’il y ait suffisamment de fenêtres pour qu’on s’y sente bien. Il faut que chaque toile soit repliable de manière à ce qu’on puisse établir uniquement celles qui sont utiles en fonction de la position du soleil ou du sens du vent. Et il faut que les raccords soient cohérents.

Tubes et brides du cockpit

La structure est déjà là, composée de tubes en alu anodisés assemblés grâce à des brides démontables. La toiture est faite, elle abrite les fils à linge et le barreur quand il n’y a pas trop de vent. Elle est aussi bien pratique au mouillage contre le soleil.

Fixation à scratch sur tube

Étape n°1 : prendre les mesures pour la découpe des toiles. Il en faut une à l’avant entre la capote et la toiture, deux oreilles de part et d’autre de la capote qui feront office de portes, deux tauds verticaux sur les côtés et un à l’arrière. Pour des mesures précises il est important de choisir à l’avance des solutions pour les fixations : ficelles à nouer, scratchs, boutons ou fermetures éclaires. La réflexion prends du temps ! Au prix de la toile il serait dommage de se tromper, d’autant plus que la longueur du rouleau est limitée. Au final on utilisera tout jusqu’au dernier cm.

Machine à coudre du bord

Étape n°2 : la conception de chaque toile. Je mesure plus précisément, tend la toile avec des pinces, découpe les surplus (les surfaces ne sont jamais vraiment carrées…), coud les bordures, les renforts et les fixations en prenant soin de s’assurer que les liaisons entre les toiles se feront correctement.

Fenêtre avec volet ouvert

Si les rebords et les fixations prennent du temps, ce sont les fenêtres qui sont les tâches les plus ingrates. Il faut découper le cristal et la toile aux bonnes dimensions, puis effectuer un rebord spécial avec un ruban sergé, coudre le cristal sur la toile après l’avoir scotché au double-face, puis confectionner un volet repliable. Toutes ces opérations nécessitent de coudre en déplaçant une grosse masse de tissus qu’il faut enrouler et dérouler pour faire transiter entre l’aiguille et le pied de la machine.

Fermeture éclaire accessible des deux côtés

Étape 3 : l’assemblage final. C’est à ce stade qu’on voit si tout passe bien, s’il n’y aurait pas par exemple une fixation inutilisable parce que la toile adjacente condamne son support… ouf, tout se passe bien ! Mis à part quelques petits détails tels qu’une mauvaise évaluation de la longueur des scratchs à utiliser pour replier les toiles, tout s’assemble bien.

Taud avant entre toiture et capote

Alors petite présentation de notre nouveau taud de cockpit ! A l’avant, la toile qui fait la liaison entre la toiture et la capote peut se replier jusqu’à la barre située sous deux petites fenêtres, qui permettent au barreur de voir ce qui se passe devant. Cette toile est solidement tendue grâce à des fixations à sangles.

Volets et oreilles fermés

Sur les côtés, les deux petites oreilles sont faciles à fixer et à enlever, soit via une sangle et ses scratchs, soit grâce à une fermeture éclaire lorsque les toiles latérales sont déployées. Ces fixations peuvent être manipulées de l’intérieur ou de l’extérieur.

Oreilles ouvertes

Ces « oreilles » protègent efficacement du vent et de la pluie. A l’inverse, si les autres toiles sont déployées, on peut pratiquer une ouverture totale ou partielle pour assurer une bonne circulation d’air.

Vu de la descente

Sur les côtés, les toiles se déroulent et comportent chacune une petite fenêtre qui laisse passer le soleil. Chacune d’elles possède un petit volet enroulable. La mise en place de ces toiles latérales peut paraitre un peu longue mais avec un peu habitude, c’est réglé en 5-10 minutes.

Bout à nouer

Pour que tout soit bien tendu, les fixations sont constituées de scratchs et de bouts à nouer. L’avantage de cette dernière solution est qu’elle est facile à coudre… j’avais prévu des sangles avec des boutons au départ, mais il m’aurait fallu 2 jours supplémentaires pour les mettre en place.

Le casse-tête chinois des angles

Les liaisons entre les toiles au niveau des angles ont demandé un peu de réflexion, surtout quand une antenne, des haubans, des brides et autres tubes s’invitent à l’équation.

Toile arrière déployée

A l’arrière, la toile comporte une grande fenêtre. Compte tenu du sens du vent et de la pluie, cette protection est un peu moins utile au mouillage. Elle protège du soleil quand il vient de l’arrière et une fermeture complète du cockpit au besoin.

Toiles déployées, volets fermés

Quand toutes les toiles sont à poste, on a bien une pièce supplémentaire qui abrite du vent et de la pluie, que l’on peut chauffer en ouvrant simplement la descente quand on est au mouillage dans une zone froide.

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L’aspect extérieur est peut-être d’une esthétique discutable, mais notre ouvrage nous protège bien. Une petite fente entre la toiture et les autres toiles permet une aération de l’ensemble quand le vent souffle. L’ouvrage génère un peu de fardage mais il est conçu pour une utilisation au mouillage… quoi qu’au portant c’est bien sympa d’être à l’abri de la pluie tout en assurant une bonne aération du bateau par effet d’entonnoir.

Oleo au mouillage

Pour ceux que ça intéresse, notre bimini a été réalisé avec de la toile sunbrella plus, du fil spécial voilerie qui résiste aux UV (très important pour la longévité, surtout sous les tropiques), notre machine Sailrite LSZ-1 et du petit matériel pour les fixations (sangles, fermetures éclaires, etc.) qu’il faut choisir de bonne qualité, de préférence en plastique sinon en bon inox. Mention spéciale pour maman qui a du occuper les petites plus qu’a l’accoutumé sur ces trois jours de confection !

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8 réflexions au sujet de « Travaux : fabrication du bimini »

    1. Guillaume Auteur de l’article

      Et oui ! Au moins ça, c’est fait 😉 On avance vers le nord et il fait de plus en plus frais. Bon séjour à Nassau !

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  1. Michèle

    Vous vous complétez très bien. Guillaume pour la navigation, la couture et ses reportages photos. Anne Sophie pour la cuisine et l’écriture. Vos filles ont l’air d’être très à l’aise sur le bateau.
    Je pense bien à vous quatre
    Amitiés
    Michèle

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    1. Guillaume Auteur de l’article

      Bonjour Michèle, nous pensons aussi bien à vous tous en métropole. C’est vrai, Anso s’est fait une spécialité d’écrire des articles pour le blog, elle prends aussi beaucoup de photos qu’elle retouche elle-même. J’ai un peu troqué les articles et les photos contre les vidéos, la nav, les travaux. Pour la cuisine j’avoue qu’elle a un don que je n’ai pas, sauf pour les hamburgers très gras avec du bacon et du fromage fondu. Tout cela évolue en fonction des situations et des besoins, c’est effectivement bien qu’on puisse se compléter de manière assez naturelle. Bises de nous tous.

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  2. Philippe

    Bonjour,
    J’aimerai équiper mon voilier de la même façon .
    Pourriez vous me donner un lien pour l’achat des tubes mais surtout des moyens d’assemblage en plastique noir pour construire la structure .

    Bravo pour le blog :-))

    Philippe.

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