Clé à pipe, chignole et chalumeau

L’objectif de l’escale est de faire des travaux et réparations (soupir) avant de continuer notre voyage vers le nord. En général, pendant que Guillaume perce, visse et boulonne, je m’occupe seule des petites (re-soupir). Il n’y a pas d’air de jeux, pas de plage, en ville la circulation est dense et bruyante, pas de parc, bref, rien pour les enfants (profond soupir). Guillaume n’est pas à la fête non plus, à se contorsionner pour atteindre les endroits inaccessibles du bateau (violentes imprécations). Qu’est-ce qu’on fout là ?

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Cette étape n’est pas propice à la rédaction. Mon article stagne, j’ai beau me creuser la tête, je vois difficilement comment vous conter sans vous ennuyer les heures de jeu des petites ponctuées des grognements plus ou moins intelligibles et soumis à la censure de Guillaume quand les travaux n’avancent pas comme il faut.

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Lorsqu’on s’octroie une pause, l’équipage débarque à terre pour une promenade. La baie de Marigot est bondée de bateaux battant pavillon canadien. En moins de temps qu’il faut pour le dire, Oleo fait la connaissance de deux équipages à l’accent qui fait sourire avec de jeunes enfants à bord. C’est heureux, ça nous change des perceuses et des gommettes.

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On se pose aussi au «Sous-Marin», petit resto-snack à l’accueil très chaleureux « où on mange bon et on boit bien » (clin d’oeil carentanais). Alice, la fille des restaurateurs apprend à Axelle et à Charlie à faire du skate entre les tables. Mais comme le mouillage est payant, nous décidons d’aller poser la pioche un peu plus loin.

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Devant Grand-case, on respire. Le village n’est qu’une rue bordant l’océan. L’eau est belle, des tortues nagent entre les bateaux, des kilomètres de plages, une poule se promène sur la chaussée suivie d’une bordée de petits poussins duveteux. Dès le matin, on sent l’odeur des barbecues qui s’allument en bord de mer.

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Le midi, on se régale de grillades et de jus de fruits frais. Perchée sur un tabouret de bar, Charlie grignote un croque-monsieur chez Max en écoutant la musique. Le soir, on entend le reggae résonner dans la baie. Les travaux avancent enfin.

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Déjà 8 mois que nous naviguons. On fait le bilan de la casse, des pertes, du superflu et des besoins. Dans la catégorie « homme à la mer », on ne déplore pas une seule chute de l’équipage, encore heureux. Pourtant Axelle s’y emploie fréquemment.

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Côté matériel, le vent a arraché une serviette et une casquette aux filières. Un autre couvre-chef a fini à l’eau en navigation, mais a été repêché in extremis au cours d’un exercice. Un feu à retournement s’est fait la malle une nuit, nous l’avons suivi des yeux pendant 5 minutes, on sait au moins qu’il fonctionnait. Un bol et des lunettes de plongée sont partis avec l’eau du saut de vaisselle. Et je ne compte plus les pinces à linge qu’une main innocente et secourable libère régulièrement à la mer. On a beau lui expliquer qu’elles ne nagent pas, rien n’y fait.

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Dans l’ensemble, Oleo ne déplore pas trop de casse et l’équipage pas de maladie. Malgré tout, le matériel souffre et se dégrade, on répare à temps. Ainsi, l’escale est l’occasion de refaire les joints des hublots, fixer le couvercle des toilettes, réparer le robinet d’eau de mer, nettoyer une pompe et les feux de route, inspecter la caisse à eaux grises et coudre, coudre et encore coudre. Guillaume confectionne une protection de cockpit intégrale en prévision du froid, un récupérateur d’eau de pluie également. On sort aussi de nouveaux habits pour Axelle qui grandit mine de rien et les affaires pour le « froid » sont stockés dans un endroit plus accessible. On révise la pharmacie pour vérifier qu’on ne manque de rien.

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Alex sillonne le mouillage pour proposer ses services à tout le monde. Le matin, il nous livre des croissants et nous offre des boites de haricots, des pâtes, du riz, du pain qu’il récupère sur les bateaux charters. Devant un café ou un verre, il raconte sa vie de débrouille, d’embarquements et de voyages au quatre coin du monde. Il a quelques années de moins que nous mais il connaît du pays et la mer.

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On resterait bien là, devant la plage. Mais les cousins viennent d’arriver et Papi et Mamie ne vont pas tarder. Alors Oleo s’en va vers Cul-de-sac, de l’autre côté de l’île. Le mouillage n’y est pas facile d’accès, mais vaut quelques efforts tant il est calme. On pose l’ancre devant la maison des cousins. Outre le plaisir de rencontrer de la famille et l’accueil royal, la première douche à l’eau douce depuis le Cap Vert est un moment d’anthologie.

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On joue les touristes en famille à la ferme aux papillons, on s’assoit sur la plage de l’aéroport pour être rasés de près par un 747, les filles se baigne au Galion, on déjeune les pieds dans l’eau à l’îlet Pinel…

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…on plonge dans la piscine, on prend l’apéro chez les amis, on teste le paddle et le kayak. Axelle profite des grands espaces de la villa pour apprendre à marcher,  Charlie prend sur elle pour s’approcher de Tchoupo, le chien. Bref, on y prend goût !

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Les bonnes choses ont une fin. Merci Mapie et Dominique pour votre accueil, les moments passés en votre compagnie, les glaçons de votre frigo, le lave-linge, la douche à l’italienne et tout le reste. Merci Papi et Mamie d’avoir traversés un océan pour venir nous voir, gardé les petites, fabriqué des souvenirs ensemble.

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Oleo s’en va prudemment de Cul-de-sac, les yeux rivés sur le sonar. Direction Marigot pour la clearance de sortie. Sur de bons conseils, on décide de la faire à Island Water World et on fait bien : ici, c’est deux euros avec le sourire et en plus l’argent part à une association qui apprend à nager aux enfants. A la gare maritime, c’était long, cher et vraiment pas agréable.

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Orca, Jonathan et Aqua Vitae, les batocopains, sont arrivés il y a peu à St Martin. Avant de quitter l’île de nuit, on dîne ensemble une dernière fois devant Grand-case avant de prendre la mer vers les îles Vierges. Le voyage, c’est surtout des rencontres, des retrouvailles mais aussi des séparations. Gageons qu’un jour, quelque part, nous les retrouverons.

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4 réflexions au sujet de « Clé à pipe, chignole et chalumeau »

  1. Nola

    Enfin lu tout ce que je n’avais pas regardé sur votre site ! les photos sont vraiment sympa et les petites grandissent à vue d’œil. Cela fait plaisir à voir.
    j’ai lu vos articles et constate qu’il y a eu plus de réponse sur « guerre et paix » que sur les détails sur votre merveilleuse connexion entre ordi et tablettes et smartphone… la connectique humaine est plus emballante même si elle est plus complexe ! Quant au budget il fait rêver : il faudra que vous preniez des cours auprès de Luc qui devient expert en accompagnement de budget mais à faire semaine après semaine, perspective plus rébarbative ! Mieux vaut regarder les poissons et les coraux. Bonne suite dans le périple.

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    1. Anso

      Coucou maman, en fait, en ce moment il y a 11 réponses pour guerre et paix et 13 pour l’article de Guillaume sur le Raspberry… Les capitaines d’aujourd’hui sont de vrais geeks ! Bisou

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  2. Papi

    Contents de voir des photos pures Anso arriver!
    Merci à vous 4 et à Mapie et Domi pour nous avoir permis ce voyage paradisiaque à Saint-Martin!
    Mamie Papi

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    1. Anso

      Et merci pour le superbe appareil photo, d’autant plus utile maintenant que le téléphone de Guillaume, qui nous servait jusque là, a pris l’eau. Biz

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