D’un réveillon à l’autre

Vert. Après l’immensité outre-mer de l’Atlantique, le vert de la Martinique rafraîchit nos yeux. Douces collines arborées couleur émeraude, champs chlorophylle, palmes olives des cocotiers dans le vent, le tout souligné d’un trait de sable clair, la baie de Sainte Anne nous accueille après 17 jours de navigation.

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Au mouillage, le bateau bouge à peine, bien orienté dans le lit du vent. Nous soufflons enfin. C’est beau, ça sent bon la terre chaude arrosée de pluie, l’eau turquoise nous appelle. Ici, tout est fait pour les bateaux. Il faut dire qu’on est plusieurs milliers… Un grand ponton devant le village accueille gratuitement les annexes des voiliers. A Mindelo, c’était 4€ la journée pour y laisser le canot. A côté, les containers à poubelles (en fin de transat’, c’est essentiel !!!). La poste un peu plus loin, l’épicerie « chez Mireille », « Chérie Doudou » la boulangerie qui fait du pain à se damner. L’église, au milieu, sonne les heures, accueillante, ouverte tout le temps.

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On peut prendre du café ou du jus de goyave au bord de la plage, à côté des cocotiers. On se balade aussi dans les magasins de souvenirs, tissus de madras colorés, artisanat en noix de coco, nacre et coquillages. Aller à la plage, étendre sa serviette sur le sable à l’ombre d’arbres aux noms inconnus. Regarder les poissons exotiques avec un masque et des palmes. On vit tellement pieds nus qu’on arrive parfois à terre sans chaussures. Gare aux moustiques ! A partir de 16h, des insectes invisibles et silencieux attaquent. De retour de notre première balade, je compte plus de trente piqûres par jambe qui mettront des jours à cesser de démanger et plus encore à cicatriser…

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Sitôt arrivés, nous sommes rejoints par les batocopains, Jonathan, Orca et Aqua Vitae. On fête les transat’, les dorades coryphènes, le vent, tout ce qu’on trouve pour le plaisir de boire du rhum et la compagnie.

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Oleo décide de filer quelques jours au nord de l’île. A St Pierre, au pied de la montagne Pelée, on visite une ville qui pousse dans les décombres de l’ancienne capitale. On déambule gravement dans les décombres du théâtre, de la prison et des maisons rasées par l’explosion du volcan. Le mouillage est tranquille, l’endroit authentique, on y ressent quelque chose de fort.

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Un peu en dessous, au Carbet, l’annexe d’Oleo échoue sur la plage près du zoo de la Martinique. Il est installé dans les ruines de l’habitation Latouche, une ancienne plantation. Au fil de la visite, l’histoire se déroule entre les enclos des animaux. Ici, la rhumerie avec l’immense roue à aube, plus loin, à côté des singes, le four à Manioc, l’indigoterie. Le barrage de style Vauban est là, près du tamanoir, l’aqueduc près des arras, et tout du long, les canaux d’irrigation.

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A Fort-de-France, on fait des courses, on parcourt les petites rues animées et colorées de la ville. C’est sale. Au détours de ruelles, on passe devant la belle bibliothèque Schoelcher. Au Musée d’histoire et d’ethnographie, une exposition retrace la vie et l’oeuvre de Joseph Zobel, écrivain et bien plus, à qui l’on doit entre autre La rue Cases-Nègres et Diab’la.

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Puis le bateau se dirige vers la mangrove pour une escale nature. Enfin un mouillage désert, isolé. Enfin, pas tant que ça, car au détours d’une rivière dans les arbres, nous tombons sur un petit port de pêcheurs. Des petits crabes jaunes grimpent sur les racines des palétuviers.

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Le soir, quand les petites dorment, on sirote un ti’punch dans le cockpit. Il fait noir, l’air est chaud, lourd. Une vedette passe près de nous, ralentit et nous indique qu’Oleo est dans un chenal de passage pour les pêcheurs. Il n’est indiqué nulle part, la poisse ! Les bateaux de pêche risquent bien de passer sur notre orin à la faveur de la nuit. Guillaume prend son courage à deux mains et plonge dans l’eau boueuse de la mangrove. Deux mètres d’eau dont on ne voit pas le fond, sûrement infestés de bêtes. A la nage, il s’en va attacher notre feu à retournement à la bouée d’orin afin de la signaler dans le noir.

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La nuit est mauvaise, Charlie y met du sien en se réveillant plusieurs fois. Le lendemain, nous partons ravitailler au Marin. Les alizés fonctionnent à plein régime. Depuis notre arrivée, il vente, vente, vente. Mais là, c’est pire. Au Diamant, le bulletin spécial météo nous annonce 20 à 30 noeuds établis et des rafales jusqu’à 40. A vue de nez, on y croit. La mer creuse et Oleo, bout au vent, tape dans la vague à grand renfort de gerbes d’eau salée. Au moteur, nous ralentissons à 2 noeuds quand la houle nous repousse avec force. Dans la baie, avec le vent et l’encombrement, nous mettons l’ancre par trois fois avant de trouver un endroit convenable.

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C’est avec un enthousiasme de gamins que nous nous rendons au supermarché. Il est vrai qu’arriver en annexe et s’amarrer au ponton privé du magasin, est une expérience amusante. A la fin des courses, nous pouvons déverser directement le contenu du caddie dans le canot !

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De retour à Sainte-Anne, nous préparons le bateau pour recevoir les amis à dîner. Au menu, oeufs mimosa, poulet sucré-salé sauce coco-curry, salade de fruits et bien sûr, ti’punch. Puis, c’est déjà Noël. L’ambiance au mouillage n’y est pas vraiment. Certains bateaux ont allumé des guirlandes lumineuses, mais ça ne sent pas les marrons et le vin chaud, les vitrines de Noël, les aiguilles de sapin, les illuminations, les crèches, les achats, les papiers cadeau et la famille bien sûr.

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Avec les amis, nous avons pourtant décidé de fêter dignement le réveillon. Quand on arrive sur Orca, Julie et Nathalie ont coiffé leurs bonnets de Père Noël. Ils clignotent au grand ravissement de Charlie et d’Axelle. Le menu est soigné : foie gras excellent, magrets de canard exquis, légumes du jardin mis en bocal en France, fromages, bûche de Noël, le tout bien accompagné par des vins délicieux. Au milieu du repas, Guillaume vaincu par son appétit et les nombreux toasts va piquer un roupillon dans le cockpit.

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Le lendemain, distribution de cadeaux ! Après avoir échangé les nôtres, on part en annexe faire le tour des bateaux. Au retour, on en trouve même un déposé sur le pont par nos voisins de mouillage qu’on n’a pourtant jamais rencontré. Du coup, on repart leur déposer une bouteille.

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La flotille carentanaise et Ti’amaraa décident de partir pour la Dominique. On mouille pour commencer devant le « Lobster Palace », restaurant tenu par un belge et dont la spécialité est la langouste. Si vous avez l’occasion, passez-y. La langouste y est bien entendu merveilleuse, mais Roger, le patron, vaut encore plus le détour. Malgré un âge pour ainsi dire vénérable, il aura fait danser toutes les femmes de l’assemblée (avec talent, dois-je dire), et essayé dans traîner une jusque chez lui… Les nombreuses tournées de rhum n’y sont pas étrangères et lorsque nous repartons chargés de pamplemousses du pays et de flyers publicitaires, certains d’entre nous ont peine à regagner leurs pénates en un seul morceau. Je ne dénoncerai personne, chut…

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On continue plus au nord jusqu’à la baie de Prince Rupert pour faire notre entrée officielle à la Dominique. A cet effet, on profite des feutres de Charlie pour confectionner à la hâte un pavillon de courtoisie dominicain (dans les ships il est en vente à 14€90 !). Il est superbe et fait magnifiquement illusion, jusqu’à la première pluie tropicale. Là, il finit à la poubelle.

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Les boat boys passent avec leur barque colorée de bateau en bateau proposer leurs services. Sur les conseils de Ti’amaraa, nous demandons à traiter avec Albert et quelques heures plus tard, nous voici tous dans son canot pour une visite de l’Indian River.

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A la rame dans ce cours d’eau protégé, Albert nous raconte la Dominique, les indiens caraïbes, les plantes et les oiseaux mais aussi le tournage de Pirates des Caraïbes 2 qui a eu lieu ici. Au détour d’un méandre, une case sur pilotis, un squelette aux os blanchis rappellent le film.

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On admire les arbres Bois de sang qui saignent quand on les coupe, on aperçoit un iguane au-dessus de nous dans les branches et on entend le cri des perroquets. Des hérons, bleus, verts, des aigrettes blanches, des poules d’eau, des mulets dans la rivière, la vie frémit autour de nous. Les racines des arbres se drapent dans l’eau laiteuse.

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L’année touche à sa fin. Ti’amaraa nous invite pour un réveillon survolté. On est 14 et on trouve encore assez de place sur le cata pour danser des heures durant, coachés par nos hôtes qui connaissent leur play-list sur le bout des ongles.

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On est en 2016, bonne année à tous !!!

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2 réflexions au sujet de « D’un réveillon à l’autre »

  1. juliette BARBEROT

    bonjour à tous et très bonne année 2016. Que les vents en tous genres soient cléments pour vous. Je souhaite aujourd’hui aussi un très bon 1er anniversaire à Axelle. Merci pour la carte pleine de fleurs et de soleil. La Martinique que nous connaissons bien est vraiment une très belle ile. j’avais fait une croisière entre la Barbade et la Guadeloupe en 1992 et j’en garde un merveilleux souvenir. Cela m’a fait plaisir de voir des photos de la Dominique et de la Martinique.
    je vous embrasse bien fort. Juliette

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    1. Anso

      Merci Juliette, très bonne année à toi ! J’ai vraiment apprécié la Martinique. Après la transat’, c’est l’endroit rêvé pour se détendre un peu, les pieds dans l’eau. Axelle a soufflé sa bougie, avec un peu d’aide de Charlie. Elle grandit vraiment, entre les premiers pas qu’elle commence à faire et ses premiers « maman » et « papa », on adore ! Bisou

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