Vivre sans frigo

Y a-t-il une vie possible sans frigo ? Nous vivons maintenant depuis trois mois sans réfrigérateur, un premier bilan de cette expérience s’impose.

Premier constat : nous n’avons pas maigri. Sans balance pour confirmer, on ne peut qu’espérer ne pas avoir grossi… Vivre sans frigo ne signifie pas pour autant mourir de faim.

Deuxième constat : beaucoup de produits que nous mettons généralement au frais ne nécessitent pas réellement d’y être. Les fruits et légumes, le fromage et le beurre s’en passent très bien. Naturellement, je pars du principe que nous ne sommes pas en période de canicule.

Troisième constat : il existe des produits de remplacement pour ce qui se conserve vraiment au frais et quand il n’y en a pas, on peut faire les courses plus souvent (quoique sur un bateau les occasions de faire les courses sont plus limitées qu’à terre).

Depuis le départ, notre manière de manger à certes évoluée, mais elle n’a pas changé radicalement. Sur Oleo, s’il n’y a pas de frigo, il n’y a pas non plus de véritable four et finalement, peut-être est-ce ce dernier que je regrette le plus.

Alors, que mangeons-nous ? Des repas tout à fait normaux :

Le matin, Charlie prend du lait chocolaté et des céréales ou un fruit, Guillaume et moi du café et des tartines beurrées ou des biscottes, Axelle boit son biberon. A midi, des pâtes au chorizo, du taboulé, une poêlée de haricots verts aux champignons, ou encore des lentilles au jambon (en boite), avec du fromage et des fruits. Le soir, un couscous végétarien aux pois chiche, un cake aux olives, des pommes de terre sautées aux oignons, du riz cantonais avec une crème dessert au caramel, un gâteau aux pommes ou de la compote.

Les jours où nous passons dans un village, nous en profitons pour acheter des steaks pour le soir ou du saumon, des yaourts et puis des fruits et légumes. Le volume des achats reste limité pour éviter que les aliments se gâtent et pour tenir compte du problème de transport (nous n’avons évidemment pas de voiture).

Nous conservons plusieurs jours, voire plusieurs semaines, et sans aucun problème, les fruits et légumes dans une caisse, le fromage et le beurre dans les fonds du bateau dont la température oscille entre 12 et 15° dans les régions irlandaises, mais atteint déjà 17 ou 18 degrés en Bretagne et en Espagne. Il faut cependant vérifier régulièrement l’état des fruits et légumes et choisir des variétés qui tiennent bien, par exemple le pamplemousse, les choux, les patates douces, les avocats, les bananes. Les tomates, courgettes, kiwis, nectarines se garderont moins longtemps.

S’il y a des restes (sans viande et sans produits laitiers), nous les consommons le lendemain après les avoir mis au frais dans les fonds. Il m’arrive souvent de cuire du riz et des pâtes en grande quantité pour en accommoder le lendemain en salade, grillé à la poêle ou en gratin.

Avouons tout de même que notre cambuse n’est pas aussi variée que d’ordinaire et que le prix des produits frais sur les îles en font des produits rationnés. La place disponible dans le bateau et les exigences de conservation ont aussi dictées certains changements.

Citons par exemple le lait en poudre, véritable bénédiction du voyageur ! Léger et compact, il sert à tout : 3 cuillerées dans l’eau du biberon de Charlie plus une de chocolat, 4 cuillerées pour le porridge, 5 cuillerées pour un gâteau, 6 cuillerées pour une crème à la vanille.

Pour varier les desserts, les entremets, flans, gâteaux de riz, semoule au lait sont d’excellentes alternatives et permettent de consommer des produits laitiers qui se font rares à défaut de yaourts.

Puisque la viande fraîche nous manque, nous utilisons du jambon en boite, corned beef, pâté ou encore des hot dog en boite. Vous vous doutez que ça ne remplace pas un bon steak. Toutefois, un jambon détaillé en cube revenu à la poêle avec des oignons et de la crème fraîche permet de faire des pâtes carbo tout à fait sympathiques, du corned beef dans un chili agrémente correctement le plat. Dans un cake, ça passe aussi, mais ‘au naturel’ ça manque d’un petit quelque chose de fraîcheur et de goût.

Le chorizo relève avec plaisir des pâtes, des pommes de terre sautées ou une poêlée de légumes. Par contre, il nous faudrait des idées pour accommoder le tofu, je n’en mets qu’à contre coeur dans certains plats pour notre équilibre alimentaire. Nous avons également approvisionné Oleo en galettes de céréales (sarrasin, épeautre…) qu’on trouve au rayon bio, agréable à manger mais d’un coût certain.

Le bateau et la mer en général ouvre l’appétit. Notre régime intègre donc des féculents à tous les repas (ou presque), un goûter et des collations dès qu’on navigue (et parfois au mouillage). Nos provisions de petits gâteaux, bonbons, chocolat seront revues à la hausse à l’avenir, Guillaume en consomme énormément et nous l’accompagnons volontiers !

Enfin, nous faisons régulièrement du pain qui est très bon chaud et qu’on laisse rarement refroidir. Avec un peu de beurre et/ou de fromage, il se volatilise en peu de temps.

Pour ne pas avoir la sensation de ‘manquer’, il faut modifier la manière de considérer un repas traditionnel qui se compose généralement d’une viande ou d’un poisson servi avec un accompagnement de légumes ou de féculents.

Pourtant, les plats de légumes ne méritent pas toujours le rôle « d’accompagnement », un plat unique, composé de légumes, féculents, légumineuses est un plat complet auquel il ne manque rien, pas même un morceau de viande.

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4 réflexions au sujet de « Vivre sans frigo »

  1. Nola

    Merci Anne-So pour cette rubrique cuisine qui est bien sympathique. Tout est question d’adaptation et d’imagination, mais l’être humain est l’animal le plus adaptable de la planète ! L’escale en Espagne doit vous permettre de refaire le stock de chorizo mais vous ne parlez pas des vins : est-ce l’abstinence totale ? Cela sera pour l’article suivant ! Bises à tous les quatre.

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    1. Anso

      Eh oui, on s’adapte à tout ou presque ! L’étape espagnole est passée vite, nous sommes au Portugal maintenant, peut-être pourrais-je acheter du chorizo ici ? Quant aux liquides à boire, ils feront l’objet d’un autre article. Bisou

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  2. juliette BARBEROT

    Coucou à vous. c’est vrai que j’ai du mal à imaginer une vie sans frigo (alors que j’habite dans l’Est où règne un froid légendaire et constant). Votre expérience montre que cela est possible sans grosse problématique. une certaine marque « bretonne » fait plein de mélanges intéressants avec des graines, de la semoule… nous apprécions de plus en plus ce type de plat à la maison et cela rend bien service pour les ménagères pressées. pas d’idée à donner pour le tofu, je n’en ai jamais mangé. bisous Juliette

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    1. Anso

      Coucou Juliette, on aime bien les mélanges de céréales aussi, c’est vite fait et c’est bon. Pour le frigo, j’attend de voir avec intérêt comment va se passer notre aventure en pays chaud, là où l’eau est à 28° ou plus et où notre beurre aura moins de chance de se conserver dans les fonds… prochaine article dans quelques mois ! Biz

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