De Capbreton à Bréhat

Dur dur de se remettre à naviguer en solo après une semaine passée à terre en compagnie de tant de monde. Je largue les amarres pour la houle du golfe de Gascogne. Il faut négocier le chenal et ensuite, 4 jours et 3 nuit durant, je supporterai 2 à 4 mètres de creux de travers. Mais ma traversé se passe bien. Je décide de couper en ligne droite pour bénéficier de vents favorable et sauf 3 heures au début, je ferai tout à la voile. Quelques coups de vent, quelques ralentissements, babord amure exclusivement.

En mer dans le Gascogne

Au début la solitude est une épreuve. Trois jours plus tard on s’y fait. Il est bon de se trouver en pleine mer, loin de tout, de ne pas croiser un bateau de la journée et d’être accompagné en permanence d’un petit groupe de dauphins. Rien de tel pour oublier un instant les tracas de la vie.

Dauphins dans le Gascogne

Terre en vue ! Au quatrième jour j’approche de Penmarch et me retrouve au milieu d’une marée de chalutiers aux trajets imprévisibles, je passe du paradis à l’enfer. Heureusement ça ne dure pas trop, je finis ma journée en traversant la baie d’Audierne pour mouiller à Sainte-Evette. Douche, pain frais et repos pour une nuit.

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Puis je commets l’erreur de sous-estimer le temps que je prendrais pour atteindre le raz de Sein à la voile. Cinq bords seront nécessaires pour atteindre le raz que j’aborde en plein courant ascendant. Je passe la barre de vent contre courant qui me sale entièrement le pont et, faute de temps pour aller ailleurs, je choisis de mouiller sous la pointe de Pen-Hir.

Pen-Hir

Légèrement rouleur avec une houle d’Ouest, c’est quand même un bon choix. Les fonds crochent bien, la boite de nuit d’en face produit de la musique pour toute la baie mais ça ne m’empêche pas de dormir.

Mer d'Iroise

Tout se passe exceptionnellement bien ce matin là, de Pen-Hir à l’embouchure du chenal du four. Puis faute de vent, je pousse au moteur jusqu’à l’Aber-Wrach. Un bruit me fait croire (à tort) que l’anode de l’hélice s’est détachée, ce qui me vaudra d’être inquiet jusqu’à mon prochain échouage à Batz.

Aber Wrach

En attendant, je mouille à l’Aber-Wrach après avoir reçus les avertissements de la vedette de la marina comme quoi l’endroit est la propriété du-dit port… mais non-merci, je ne prendrai pas une bouée à 25€ la nuit, que je passe fort bien à l’ancre dans le calme et la quiétude.

Batz

Quatre heure du matin, heure du départ. Trop fatigué et nuit trop noire, je décale à six heures. De l’Aber-Wrach à l’île de Batz c’est pétole, j’échoue pour la marée basse du jour. Dans la bouillasse de port Kernoz, je passe un coup d’éponge à Oléo et change l’anode de l’hélice.

L’anode ! Parlons-en. Pour en avoir d’avance j’en ai commandé trois, qui s’avèrent finalement trop épaisses. Je passerai sept heures non stop à réduire l’une d’elles à la scie à métaux, pendant la navigation, pour m’apercevoir à l’échouage que le diamètre de l’arbre ne correspond pas. Heureusement j’ai cinq heures devant moi avant que l’eau n’arrive, pour limer l’intérieur de l’anode. Ce soir là, j’irai mouiller dans une petite baie au Sud de port Bloscon et m’endormirai très vite après une telle journée.

Récifs

Quelle dommage de partir si tôt alors qu’on est si bien au mouillage ! Il y a personne dans cette baie, tout est calme, je lève l’ancre pour Bréhat. Trajet sans histoire bien que sans vent, le plein d’essence va faire mal au porte-feuille. Je m’arrête 5 minutes sur la bouée des 7 îles où je ne vois pas beaucoup d’oiseaux. Aujourd’hui je me trouve à Bréhat à l’ancre à l’entrée de la corderie, demain la météo prévoit un vent d’Est qui me permettrait d’aller plein Nord.

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2 réflexions au sujet de « De Capbreton à Bréhat »

  1. Régis

    Salut Guillaume,
    tu dois être parvenu à Carentan à l’heure qu’il est.
    Bonne balade au pays de France, il me semble, durant cette navigation estivale !
    Je pense aussi au retour. Je suis à Angra do Héroismo (Terceira). Demain nous partons pour Praia da Vitoria pour permettre à Armelle de prendre son avion.
    Je cherche déjà une fenêtre météo favorable pour m’élancer dans le vaste océan sans avoir à entrer dans le golfe de Gascogne.
    Deux dépressions obligent à faire de l’est vers le Portugal, mais un anticyclone placé un peu haut pourrait m’arranger une navigation au portant durant une semaine si celui-ci consent à se bouger un peu vers les Açores.
    Tu verras probablement Armelle avant mon retour. Elle va sûrement aller trainer sur les pontons à Carentan. Elle te racontera les Açores.
    Donc à bientôt devant un verre à nous raconter nos péripéties réciproques.
    Amitié,
    Régis.

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  2. Guillaume Auteur de l’article

    Salut Régis. Nous te suivons depuis le début avec Anso, tu as fait un beau parcours jusqu’ici, bravo. J’ai hâte en effet que tu nous racontes tout cela autour d’un verre. Si je vois Armelle sur les pontons je l’invite à prendre un verre sur Oleo. J’arriverai demain (samedi) à Carentan d’après mes prévisions. En attendant je te souhaite un bon voyage retour avec un maximum de portant. Bon vent et à très vite !

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