L’île de Wight

Il était temps ! Les amarres d’Oléo ont enfin été larguées pour l’Angleterre. C’est au sein d’une flottille de 5 bateaux que je suis parti direction l’île de Wight, la « Mecque de la voile », juste au Nord de Cherbourg.

Cowes

Objectif Yarmouth, une petite ville à l’Ouest de l’île. Partis mercredi en fin d’après-midi juste après le boulot (Jean-François a bondi de la voiture pour se précipiter sur la commande moteur de son bateau), nous devrions arriver à destination le lendemain après 24 heures de navigation dont 3 heures d’arrêt à Cherbourg. Après une petite journée de tourisme sur place, retour direction Carentan, avec si possible un arrêt à Tatihou et un vent pas trop défavorable.

Lever de soleil au large de Cherbourg

Dès le début j’étais super motivé à l’idée de partir en mer avec mes voisins de ponton, que je n’avais côtoyé qu’au port. C’est un peu comme quand on découvre un ami « en vrai » après l’avoir cotoyé sur Internet pendant des mois : j’allais enfin voir mes voisins et leurs voiliers en action !

Canon utilisé pour les départs de régate à Cowes

Les bateaux amis

«Aqua-Vitae», un dériveur tout neuf en aluminium qui avance très bien, est occupé par Jean-François et Denis. Ces deux-là sont des skippers confirmés, ce voyage est une promenade pendant laquelle ils mettent aussi à profits leurs talents culinaires. Bref, il fait bon vivre sur ce voilier.

Aqua-Vitae

«Mangareva», un biquille anglais au poste de pilotage confortable et abrité, est à Claudine et Michel. Ils connaissent bien l’île de Wight pour y avoir acheté leur bateau et c’est grâce à Claudine que les délicieux bonbons à la menthe anglais et les infusions à la cerise et à la framboise s’ajoutent aux provisions d’Oleo.

Mangareva

«Stered» est skippé par Jean accompagné de ses invités Dominique et Daniel qui viennent tout droit des Antilles. Je dois à Daniel les photos d’Oleo en navigation. Stered est un voilier moderne profilé pour la course, dès qu’il y a du vent il passe naturellement devant tout le monde.

Stered

Puis «Aarluk», le voilier bien équipé et convivial de Christian, Agnès et Patrick. Ce qui m’a tout de suite impressionné sur ce bateau, c’est la taille des écoutes et des winchs. Partis de St Vaast, ils nous ont rejoint dans la manche dès la sortie de Cherbourg.

Aarluk

Finalement, seul Oleo abritait un skipper solitaire pour cette fois-ci, mais heureux, surtout quand il y a du vent et que l’état et l’encombrement de la mer sont tels que l’on peut tranquillement vaquer à ses occupations.

Oleo et son SPI

La météo

Côté temps, c’était très variable. Nous avons eu une brise favorable à l’aller, en particulier entre Cherbourg et Yarmouth. Beaucoup plus mitigé au retour de l’île de Wight où nous avons été obligé de traverser quasiment toute la manche au moteur, vent de Sud et pétole obligent. Les prévisions pour la nuit de samedi à dimanche ont évoluées de manière plus défavorables encore, avec un vent fort de NE, d’où l’annulation de notre escale à Tatihou.

Stered dans la pétole

Les moments marquants

Toutes les étapes du voyage ont été différentes, je les ai vraiment appréciées à l’exception peut-être des longues périodes de moteur. En particulier le départ de Carentan, l’arrivée dans le solent…

Pointe Ouest de l'île de Wight

…où Oleo filait à 7 noeuds au près serré sur une mer toute plate avec trinquette et deux ris dans la GV…

Bouée à l'Ouest du Solent

…notre petite tribu amarrée à Yarmouth…

Oleo à Yarmouth

…la visite de l’île de Wight et de Cowes…

Paysage de l'île de Wight

…la joie d’être en mer, de ressentir, d’observer, de flâner…

Fous de Bassan sur la Manche

…la pêche et l’apéro de dimanche dans mon bateau qui a accueilli 8 convives !

Quelques regrets ?

Ah que j’aurais aimé partager tout ça avec mon équipière ! Malheureusement nos emplois du temps ne nous permettent pas toujours d’être ensemble le week-end.

Casiers dans la baie des Veys

Et puis il y a les problèmes de « temps » dans tous les sens du terme : lors de ces courtes sorties nous sommes parfois obligés de mettre le moteur pour arriver à l’heure quand le vent nous lâche. Résultat des courses : nous n’avons traversé la manche quasiment qu’au « bourin » au retour…

Attente à l'écluse

..last but not least : l’attente forcée de l’éclusier dans le canal de Carentan, moteur allumé, après l’avoir fait tourner toute la journée.

Attente à l'écluse

Attente à l'écluse

S’occuper pendant la navigation

Sur 12 heures de traversée ou plus, certains équipiers s’ennuient au point d’en être agacés. Ce n’est pas mon cas. En général je ne manque pas d’occupations, alors que fais-je ? Ma priorité, surtout en solitaire, est de me reposer : dès que j’ai 10 minutes pour dormir sans danger je le fais. Sinon, je règle mes voiles, rédige le livre de bord, lis mes bouquins de navigation, pêche quand le vent devient poussif, range et optimise mon matériel, révise mon trajet en fonction de la météo ou effectue des réparations. Une fois amariné il m’est même possible de bosser en navigation pour mon entreprise.

Poisson pêché en mer

Traverser le rail de cargos

C’est aussi la première fois que je traverse le fameux «rail» de cargos. Nous l’avons fait de jour dans les deux sens. Dans ces conditions, cela ne présente aucune difficulté particulière.

Cargo au loin dans le rail

Les monstres flottants se voient de loin, parfois on dirait de vraies montagnes ! Ils paraissent immobiles mais en réalité leur vitesse avoisine les 30 noeuds. Il est facile d’évaluer s’ils passent devant ou derrière en fonction de leur direction et de leur angle d’attaque.

Déroutage pour laisser passer un cargo dans le rail

Si nous sommes en route de collision, alors je dévie simplement ma trajectoire pour laisser la priorité au cargo. De nuit en revanche il serait plus difficile d’évaluer les distance sans radar.

Aarluk qui laisse passer un cargo

De nombreuses montagnes flottantes sont des porte-conteneurs, pétroliers et cargos. Mais on croise de temps en temps quelques exceptions telles que ce Yacht de luxe appartenant au richissime américain Donald Gosling.

Un Yacht de Luxe sur le rail

Impressions sur l’île de Wight

L’île de Wight porte bien sa réputation de «paradis de la plaisance» : même en basse saison il y a des voiliers partout. L’accueil à Yarmouth et a Cowes est excellent et l’environnement propice au tourisme.

Un alpaga à Wight

En revanche j’aime moins le côté commercial de l’endroit. Yarmouth est une escale onéreuse, le prix des bouées est tellement excessif qu’à moins de n’avoir d’autre choix il vaut mieux aller ailleurs.

Sens interdit à Wight

De son côté, la ville de Cowes est le repère exclusif des plaisanciers fortunés, n’espérez pas y trouver un endroit discret et gratuit, c’est tout le contraire, l’activité économique bat son plein.

Ponton de luxe à Cowes

Le centre-ville rempli de petits magasins dédiés à la plaisance est en revanche très sympa. La rue principale possède son lot de petits shipchandlers et magasins de mode dédiés aux activités nautiques.

Rue principale de Cowes

Au retour à Carentan, Oléo s’est vu doté d’un tout nouveau radeau de survie. Et hop, 1200€ de moins dans le porte-monnaie pour un nouvel achat dédié à la sécurité… dont on dit qu’elle n’a pas de prix mais il est manifeste que son coût reste élevé !

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